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CHAMPIGNONS DU QUÉBEC
Cueillir le Matsutaké en Abitibi |
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Résumé de la vidéo et
contenu inédit
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Ben Cormier (Tarzan), collaborateur certifié de
Jardinage Bricolage Autosuffisance Recyclage Québec, se
spécialise en PFNL ou Produits forestiers non ligneux.
Dans ses vidéos animées, comme seul sait le faire Ben
Cormier, la mycologie et les PFNL sont à l'honneur. Lors
de ses aventures en forêt, Ben nous fait découvrir la
grande valeur de notre terroir québécois en plus de nous
sensibiliser à l'autosuffisance alimentaire. Plantes,
aromates, champignons, transformations, recettes etc.
sont ses sujets favoris. |
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Dans cette vidéo, Ben Cormier (Tarzan)
nous entraîne avec Patrick Villeneuve en Abitibi à la
recherche du matsutaké, un champignon sauvage recherché
du Québec. Ils apprennent à repérer les habitats
propices dans les peuplements de pins gris et à
reconnaître les indices révélant sa présence.
Accompagnés de Martin Constant et Steve Lagrange, ils
découvrent également plusieurs plantes et champignons de
la forêt boréale. De la prospection à la récolte, Ben
partage son expérience pratique de cueilleur. L'aventure
se poursuit avec le nettoyage, le tri, la conservation
et la transformation des matsutakés récoltés. |
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Contenu de l'article de la vidéo : |
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27 septembre 2026 :
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Cueillette du matsutaké en Abitibi : l’aventure
de Ben Cormier et Patrick Villeneuve
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À la recherche du matsutaké dans les forêts de
l’Abitibi
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Partir à la recherche du matsutaké au Québec, ce n’est
pas simplement entrer dans une forêt avec un panier en
espérant tomber sur le bon champignon. C’est apprendre à
observer un territoire, reconnaître les bons peuplements
forestiers, comprendre les plantes qui accompagnent
certains habitats et, surtout, accumuler de l’expérience
sur le terrain. C’est exactement ce que Ben Cormier et
Patrick Villeneuve ont voulu faire en prenant la route
de l’Abitibi pour une véritable expédition de cueillette
de champignons sauvages.
Pour Ben, ce voyage avait une signification
particulière. Après une saison passée à parcourir
différentes régions du Québec, aller chercher le
matsutaké en Abitibi représentait une façon
exceptionnelle de terminer la période des grandes
cueillettes. Il connaissait déjà ce champignon, mais
voulait maintenant aller plus loin : le chercher dans
son habitat, observer les endroits où il pousse, en
récolter suffisamment pour expérimenter différentes
transformations et, surtout, partager cette expérience.
Cette aventure est également une excellente
démonstration d'une philosophie que Ben répète souvent :
la connaissance ne se construit pas uniquement dans les
livres. Pour comprendre une ressource sauvage, il faut
aller sur le terrain, observer, comparer, essayer,
parfois se tromper et recommencer. |
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| Nettoyage des bulbes d'ail |
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Le matsutaké du Québec : un champignon forestier
recherché
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Au Québec, le champignon couramment appelé matsutaké est
le tricholome à grand voile, Tricholoma magnivelare.
C'est un champignon remarquable par sa chair ferme, son
pied robuste et son odeur épicée caractéristique.
Il appartient au même groupe de champignons que les
matsutakés asiatiques réputés pour leurs qualités
gastronomiques. Pour le cueilleur québécois, son intérêt
ne réside toutefois pas seulement dans sa valeur
culinaire. Trouver le matsutaké demande de comprendre
les relations entre le champignon, les arbres et les
caractéristiques du sol.
C'est justement cette lecture de l'environnement qui
devient le fil conducteur de l'expédition de Ben et
Patrick.
Dès les premières heures de route, Ben observe les
changements dans la végétation. Le voyage devient déjà
une activité de prospection. Plus ils avancent, plus ils
surveillent la présence du pin gris et les changements
dans la composition de la forêt.
L'objectif n'est donc pas simplement de se rendre à une
destination précise. La recherche commence avant même
d'arriver en Abitibi. |
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Observer les peuplements de pins gris
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L'un des éléments les plus importants de l'approche de
Ben consiste à observer les peuplements de pins gris.
Pendant le trajet, Ben et Patrick remarquent
progressivement davantage de pins gris. Certains
peuplements sont encore jeunes et ne correspondent pas
nécessairement à l'habitat qu'ils recherchent. D'autres
secteurs deviennent beaucoup plus intéressants.
Ben porte notamment attention à la dimension et à l'âge
apparent des arbres. Dans sa prospection, il recherche
surtout des peuplements de pins gris matures, idéalement
âgés de plusieurs décennies.
Mais regarder les arbres ne suffit pas.
Le sol, la mousse, le drainage, la végétation basse et
la structure générale du peuplement donnent eux aussi
des indices. Certains secteurs peuvent sembler
intéressants à première vue sans produire de matsutakés,
alors qu'un changement subtil dans l'environnement peut
soudainement révéler un habitat beaucoup plus favorable.
C'est pourquoi Ben insiste autant sur l'observation.
Il ne cherche pas seulement le champignon. Il cherche
d'abord l'environnement capable de produire le
champignon. |
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Apprendre à lire l'environnement avant de chercher
les champignons
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Cette différence est fondamentale pour devenir un
meilleur cueilleur.
Lorsqu'on débute, on marche souvent dans la forêt en
regardant directement le sol. On espère apercevoir un
chapeau de champignon. Avec l'expérience, l'approche
change : on commence par regarder la forêt elle-même.
Quels arbres dominent le secteur ?
Le sol semble-t-il sablonneux ?
Quelle végétation pousse au niveau du sol ?
Y a-t-il beaucoup de mousse ?
Le peuplement est-il jeune ou mature ?
Quels autres champignons apparaissent dans cet habitat ?
Ben et Patrick multiplient donc les arrêts pendant leur
trajet. Ils sortent de la voiture, observent le terrain
et vérifient ce qui pousse.
Cette façon de procéder permet progressivement de
construire une sorte de carte mentale des habitats. Même
lorsqu'un arrêt ne produit aucun matsutaké, il peut
devenir utile : il permet de comparer cet endroit avec
celui où les champignons seront finalement trouvés.
C'est une méthode basée sur l'expérience cumulative. |
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Les premiers matsutakés : confirmer que la stratégie
fonctionne
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Puis vient le moment que tout cueilleur attend : les
premiers matsutakés apparaissent.
Ben Cormier remarque de petits spécimens encore en
boutons. Le pied est particulièrement ferme et l'odeur
caractéristique vient renforcer l'identification.
L'excitation est immédiate.
Un premier champignon est découvert, puis un deuxième,
puis d'autres autour. Cette situation illustre une autre
règle pratique importante : lorsqu'un matsutaké est
trouvé, il faut prendre le temps d'examiner
attentivement les alentours.
Ben le fera d'ailleurs plusieurs fois pendant le voyage.
Un champignon visible peut indiquer que d'autres
fructifications sont présentes à proximité, parfois
partiellement cachées dans la mousse ou la végétation.
Il faut donc ralentir et regarder autour des arbres
plutôt que de simplement ramasser le premier spécimen et
poursuivre son chemin.
Les jeunes boutons sont particulièrement intéressants.
Leur chair est compacte et ferme, et ils sont
généralement dans un état recherché par les cueilleurs.
Mais les spécimens plus développés ne sont pas
nécessairement perdus. Ben s'intéresse justement à cette
question pendant l'expédition : comment valoriser les
champignons selon leur stade de maturité ?
Cette interrogation prendra toute son importance au
retour. |
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Une première récolte encourageante sur la route de
l'Abitibi
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Les premiers arrêts deviennent rapidement encourageants.
Ben et Patrick ne trouvent pas nécessairement des
quantités extraordinaires à chaque endroit, mais
plusieurs secteurs produisent. Certains offrent quelques
spécimens isolés alors que d'autres permettent de
récolter plusieurs champignons dans un espace
relativement restreint.
La satisfaction vient autant de la récolte que de la
confirmation de leur lecture du territoire.
Ils observent un habitat.
Ils décident de s'arrêter.
Ils explorent.
Et ils trouvent des matsutakés.
Cette succession d'observations permet de transformer
progressivement une connaissance théorique en véritable
compétence de terrain.
Au moment de poursuivre leur route vers Val-d'Or puis
Amos, ils ont déjà plusieurs matsutakés avec eux. Le
voyage est donc loin d'être terminé, mais l'expédition
est déjà une réussite. |
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| La
Comptonie voyageuse |
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La comptonie voyageuse : une découverte marquante
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La recherche du matsutaké amène également Ben à
découvrir d'autres ressources végétales.
Parmi celles-ci, la comptonie voyageuse attire
particulièrement son attention.
Pour Ben, c'est une découverte importante puisqu'il a
rarement l'occasion de côtoyer cette plante sauvage dans
son environnement habituel. Il la reconnaît notamment à
son feuillage aromatique et prend le temps de
l'observer.
Au fil du voyage, il rencontre des colonies beaucoup
plus importantes et finit également par observer ses
fruits.
Cette découverte illustre parfaitement l'intérêt d'une
excursion consacrée aux champignons : lorsqu'on apprend
à observer un écosystème plutôt qu'une seule espèce, la
forêt devient beaucoup plus riche.
On part chercher un matsutaké et on découvre en même
temps de nouvelles plantes, de nouveaux habitats et de
nouvelles associations.
Pour Ben, ces observations sont autant de connaissances
supplémentaires à ajouter à son « sac à savoir ». |
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Une forêt qu'on ne finit jamais d'apprendre
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C'est d'ailleurs l'une des grandes leçons de cette
aventure.
Même lorsqu'on possède déjà beaucoup de connaissances
sur les plantes sauvages et les champignons, il reste
constamment quelque chose à découvrir.
Ben connaît plusieurs ressources forestières, mais il
n'hésite pas à dire lorsqu'une plante lui est moins
familière. Au contraire, c'est justement ce qui rend
l'expérience intéressante.
La forêt boréale et les zones de transition entre
conifères et feuillus peuvent contenir une quantité
impressionnante de ressources.
Une plante déjà connue peut apparaître sous une forme
différente.
Une espèce rarement rencontrée peut soudainement former
une immense colonie.
Un champignon qu'on connaissait surtout dans les livres
peut finalement être observé dans son véritable habitat.
C'est cette accumulation d'expériences qui permet
d'améliorer sa compréhension du territoire. |
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Rencontre avec Martin Constant et Steve Lagrange
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Une fois arrivés dans la région, Ben et Patrick
rejoignent Martin Constant et Steve Lagrange.
Cette rencontre change une partie de l'expédition.
Ben et Patrick avaient déjà réussi à trouver des
matsutakés par eux-mêmes grâce aux secteurs qu'ils
avaient ciblés. Mais être accompagné par des gens
connaissant intimement le territoire permet d'aller
encore plus loin.
Martin et Steve les conduisent dans différents secteurs
favorables.
C'est un aspect important de la cueillette sauvage : la
connaissance locale possède une immense valeur.
Une personne qui fréquente un territoire depuis
plusieurs années sait souvent reconnaître des détails
impossibles à apprendre rapidement sur une carte. Elle
connaît les variations du terrain, les peuplements
forestiers, les endroits ayant déjà produit certaines
espèces et les changements d'une saison à l'autre.
Ben souligne d'ailleurs l'importance de respecter cette
confiance.
Les bons coins à champignons sont précieux. Lorsqu'une
personne accepte de montrer un secteur productif, ce
partage doit être traité avec respect. Cela signifie
notamment éviter de diffuser publiquement sa
localisation et adopter une récolte responsable. |
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Chercher le matsutaké sous le pin gris
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Dans les secteurs visités, le lien avec le pin gris
devient de plus en plus évident.
Ben observe des matsutakés près de ces arbres et compare
les endroits productifs avec les secteurs moins
intéressants.
Les habitats qui retiennent particulièrement son
attention possèdent souvent une végétation relativement
basse, beaucoup de mousse et un aspect parfois presque
ouvert ou semi-désertique.
Plus tard dans l'expédition, cette observation deviendra
encore plus frappante : certains environnements dominés
par le pin gris, avec du bleuet et une végétation basse,
produisent davantage de matsutakés que certains secteurs
plus densément forestiers.
C'est exactement le genre d'information qui devient
extrêmement utile pour les futures prospections.
Au lieu de parcourir des kilomètres de forêt au hasard,
Ben apprend à reconnaître une signature écologique. |
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L'importance de reconnaître le champignon avec
certitude
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Trouver le bon habitat ne dispense jamais d'identifier
correctement chaque champignon récolté.
Le matsutaké québécois possède plusieurs
caractéristiques utiles à son identification : un pied
très ferme, une chair blanche et compacte, des lames
blanchâtres et une odeur particulièrement distinctive.
Mais la prudence reste essentielle.
Le genre Tricholoma comprend de nombreuses espèces. Un
cueilleur ne devrait jamais consommer un champignon
uniquement parce qu'il pousse dans le « bon »
environnement ou ressemble à une photographie.
L'habitat constitue un indice, pas une preuve
d'identification.
Ben utilise justement plusieurs informations
simultanément : l'environnement, les arbres associés, la
texture du pied, les lames, l'apparence générale et
l'odeur.
Pour toute consommation de champignons sauvages,
l'identification doit être certaine. En cas de doute, le
spécimen reste dans le panier d'étude plutôt que dans
l'assiette. |
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Des boutons aux gros spécimens matures
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Pendant cette excursion, Ben rencontre des matsutakés à
différents stades de développement.
Les petits boutons provoquent évidemment beaucoup
d'enthousiasme. Ils sont compacts, fermes et souvent
magnifiques.
Mais certains spécimens sont énormes.
Ben en manipule qui approchent ou dépassent largement
les dimensions habituelles auxquelles un débutant
pourrait s'attendre. Certains gros champignons possèdent
encore une chair saine et un pied ferme.
C'est là que l'observation de l'intérieur devient
importante.
Un champignon plus âgé peut être partiellement parasité
ou dégradé. Ben vérifie donc la chair et le pied avant
de décider s'il mérite d'être conservé.
L'objectif n'est pas de remplir le panier à tout prix.
Il faut apprendre à distinguer ce qui est encore
valorisable de ce qui est trop avancé. |
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Une récolte moins abondante que prévu… mais des
paniers qui se remplissent
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L'une des choses intéressantes dans le récit de Ben est
son réalisme.
À certains moments, il reconnaît que la récolte n'est
pas aussi abondante qu'il l'avait imaginé.
Pourtant, les paniers continuent de se remplir.
C'est une bonne illustration de la différence entre les
attentes d'un cueilleur et la réalité d'une récolte
sauvage. Une journée peut sembler moyenne lorsqu'on
compare chaque secteur à un endroit exceptionnellement
productif, tout en donnant finalement plusieurs kilos de
champignons.
Ben et Patrick trouvent des matsutakés de tailles et de
stades différents. Martin et Steve leur offrent
également une partie de leurs cueillettes.
À la fin, les paniers deviennent lourds.
Et l'aventure est encore loin d'être terminée. |
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Le raisin d'ours : une autre plante du territoire
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Au cours de la prospection, Ben découvre également de
grandes colonies de raisin d'ours, Arctostaphylos
uva-ursi.
Il remarque ses petites feuilles épaisses et
persistantes ainsi que ses fruits rouges. Cette plante
peut parfois être confondue à distance avec d'autres
petits couvre-sols forestiers, ce qui rappelle encore
une fois l'importance d'observer plusieurs caractères
avant d'identifier une espèce.
Pour Ben, l'intérêt principal est surtout de pouvoir
enfin observer cette plante en grandes talles dans son
milieu naturel.
Ce type de découverte enrichit considérablement une
excursion.
L'objectif initial reste le matsutaké, mais comprendre
les plantes qui composent son environnement permet
progressivement de mieux comprendre l'écosystème dans
son ensemble. |
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Le poivre des dunes et les ressources aromatiques de
la forêt
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Ben profite également du voyage pour observer le poivre
des dunes, nom couramment donné aux chatons mâles de
l'aulne crispé.
Il s'intéresse depuis longtemps aux ressources
aromatiques sauvages et compare naturellement cette
découverte avec d'autres plantes qu'il utilise ou
étudie.
Sur le terrain, il explique qu'il préfère parfois
récolter certaines parties aromatiques après qu'elles
ont subi les effets de l'hiver, lorsqu'il recherche une
intensité différente.
Cette approche est typique de sa façon d'apprendre :
goûter, comparer les périodes de récolte et tester les
transformations plutôt que considérer qu'une ressource
possède une seule utilisation possible.
Il faut cependant distinguer l'expérimentation culinaire
des usages médicinaux. Une plante sauvage ne devrait
jamais être consommée pour traiter un problème de santé
uniquement sur la base d'un usage traditionnel rapporté
sur le terrain. |
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Chanterelles, tricholomes et autres champignons
rencontrés
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Une excursion consacrée au matsutaké ne signifie
évidemment pas que les autres champignons disparaissent
de la forêt.
Ben, Patrick, Martin et Steve rencontrent notamment des
chanterelles et différents tricholomes.
Cette diversité permet de comparer les espèces et leurs
habitats.
Pour un cueilleur, c'est une excellente habitude : même
lorsqu'on recherche une espèce précise, il faut
continuer à observer tout ce qui pousse autour.
Ces champignons peuvent fournir des indices sur
l'écosystème et enrichir les connaissances pour les
prochaines sorties.
Le 21 septembre marque justement une transition
symbolique pendant leur voyage. L'automne commence
officiellement et les champignons typiquement associés à
la fin de saison prennent progressivement le relais de
ceux rencontrés plus tôt durant l'été. |
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La permaculture nordique observée directement dans
la nature
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Ben Cormier emploie spontanément l'expression «
permaculture nordique » en regardant la diversité
végétale présente autour de lui.
Dans un même secteur, il observe notamment des bleuets,
du raisin d'ours, de la comptonie voyageuse, différentes
mousses, des pins gris et d'autres plantes adaptées à
cet environnement nordique.
Pour quelqu'un qui s'intéresse aux systèmes nourriciers
et aux ressources sauvages, ce type d'écosystème devient
une véritable classe en plein air.
Les espèces ne sont pas distribuées au hasard.
Elles répondent à la nature du sol, à l'humidité, à la
lumière, aux perturbations passées et aux arbres
présents.
Observer ces associations permet de mieux comprendre
pourquoi certaines ressources apparaissent ensemble.
Et lorsqu'on commence à reconnaître ces communautés
végétales depuis la route ou à l'entrée d'un boisé, la
recherche des champignons devient beaucoup plus
efficace. |
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Chercher le Matsutaké sous les pins gris |
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Une récolte qui devient une véritable aventure
humaine
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Plus les paniers se remplissent, plus il devient évident
que cette expédition dépasse largement la simple récolte
de champignons.
Il y a Patrick Villeneuve, compagnon de route et
partenaire de cueillette.
Il y a Martin Constant et Steve Lagrange, qui partagent
une partie de leur connaissance du territoire.
Il y a les rencontres improvisées en chemin.
Et il y a surtout cette volonté de partager les
connaissances plutôt que de simplement revenir à la
maison avec des paniers pleins.
Ben Cormier le résume à sa façon : il faut se créer des
occasions d'aller découvrir les ressources que le Québec
peut offrir.
C'est une démarche qui demande du temps, des kilomètres
et parfois beaucoup d'organisation.
Mais pour apprendre véritablement un territoire, il faut
finir par y mettre les pieds. |
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« On l'fait » : apprendre par l'expérience
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Cette aventure pourrait presque se résumer par une
expression chère à Ben : « On l'fait ».
On peut parler pendant des années d'aller chercher un
champignon particulier.
On peut regarder des vidéos.
On peut consulter des cartes.
On peut apprendre les caractéristiques d'un habitat.
Mais il arrive un moment où il faut prendre son panier
et aller vérifier tout cela sur le terrain.
Ben connaissait déjà le matsutaké. Il avait étudié son
habitat et ciblé certains secteurs avant le départ.
Pourtant, cette expédition lui apporte quelque chose
qu'aucune lecture ne pouvait remplacer : l'expérience
directe de plusieurs habitats différents.
Il voit les secteurs qui produisent.
Il voit ceux qui semblent parfaits mais produisent peu.
Il observe des matsutakés jeunes, matures, secs ou
partiellement parasités.
Il découvre les plantes qui les entourent.
Et toutes ces observations deviennent des références
pour les prochaines années.
C'est ainsi qu'un cueilleur façonne progressivement sa
connaissance.
Et justement, alors que Ben et Patrick pensent avoir
terminé leur grande cueillette, l'Abitibi leur réserve
encore l'une des plus belles surprises du voyage... |
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| Le
Raisin d'ours |
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Quand on pense que la cueillette est
terminée…
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Une des grandes leçons de cette aventure en Abitibi est
qu'une journée de cueillette n'est pas terminée tant
qu'on n'a pas réellement quitté les habitats
intéressants.
Après plusieurs heures en forêt et des paniers déjà bien
remplis, Patrick Villeneuve et moi aurions facilement pu
considérer notre mission accomplie. Nous avions trouvé
nos matsutakés, rencontré Martin Constant et Steve
Lagrange, découvert de nouveaux environnements et
accumulé une quantité impressionnante d'observations.
Mais lorsqu'on est cueilleur, il reste toujours cette
petite idée dans la tête : « D'un coup que le prochain
coin serait encore meilleur ? »
Et c'est exactement ce qui est arrivé.
Sur le chemin du retour, nous avons continué à observer
les peuplements de pins gris et la végétation. Même avec
une belle récolte dans la voiture, il était difficile de
traverser un environnement prometteur sans aller
vérifier.
Cette curiosité allait nous mener vers l'un des
meilleurs secteurs de toute l'expédition. |
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Pin gris, mousse et végétation basse : reconnaître
un habitat prometteur
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Plus on avançait dans cette aventure, plus certains
éléments du paysage devenaient familiers.
Le pin gris demeurait un indice important. Mais après
avoir visité plusieurs endroits, nous pouvions
maintenant comparer les différents types de peuplements.
Tous les peuplements de pins gris ne produisaient
évidemment pas la même chose.
Certains environnements étaient davantage forestiers,
avec une végétation plus dense. D'autres étaient
beaucoup plus ouverts, avec des mousses, des bleuets et
une végétation basse donnant presque une impression de
milieu semi-désertique ou de toundra.
Et c'est dans ce genre d'environnement que nous avons
observé une présence particulièrement intéressante de
matsutakés.
À force de regarder les mêmes éléments encore et encore,
un « pattern » commence à apparaître.
C'est là que l'expérience devient vraiment utile.
Au début d'une expédition, on cherche surtout le
champignon. Après plusieurs heures, on commence plutôt à
chercher l'habitat. Lorsqu'on reconnaît l'environnement,
on sait qu'il faut ralentir, sortir de la voiture et
regarder attentivement autour des arbres.
Le champignon devient presque la confirmation de ce
qu'on avait déjà commencé à comprendre en observant le
territoire. |
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Regarder autour du premier matsutaké
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Lorsqu'on trouve un matsutaké, il faut résister à
l'envie de simplement le ramasser et de repartir.
On regarde autour.
Encore.
Puis encore un peu.
Pendant le voyage, cette méthode nous a permis de
trouver plusieurs autres spécimens autour d'un premier
champignon.
Certains sont faciles à voir. D'autres peuvent être
beaucoup plus discrets, particulièrement lorsqu'ils sont
encore au stade de bouton. La mousse et la végétation
peuvent cacher une partie importante du champignon.
C'est pour cette raison qu'un bon secteur mérite d'être
exploré lentement.
Il faut regarder autour des arbres, examiner les petites
bosses dans le couvert végétal et essayer de comprendre
comment les champignons semblent être distribués.
Plus tard dans notre voyage, cette patience allait être
largement récompensée. |
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Plus de 14 matsutakés dans un seul secteur
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Parfois, la meilleure découverte arrive presque par
accident.
Nous étions pratiquement rendus à la fin de notre
cueillette lorsqu'un arrêt supplémentaire s'est
transformé en l'un des moments les plus mémorables du
voyage.
Dans ce secteur, les matsutakés étaient là.
Et pas seulement un ou deux.
J'en ai trouvé plus d'une dizaine dans le même
environnement, avec une forte proportion de magnifiques
boutons.
Après avoir passé autant de temps à chercher, comparer
les habitats et parcourir des kilomètres, tomber sur un
endroit comme celui-là confirme énormément de choses.
Le type de forêt.
Le pin gris.
La mousse.
La végétation basse.
La structure du terrain.
Tout ce qu'on avait observé pendant le voyage commençait
à former un ensemble cohérent.
C'est aussi pour cette raison qu'il est important de
mémoriser l'environnement plutôt que seulement l'endroit
précis où pousse un champignon.
Un « spot » peut produire une année et beaucoup moins
l'année suivante. Comprendre pourquoi cet endroit est
intéressant permet éventuellement d'en trouver d'autres
possédant des caractéristiques similaires. |
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La saison du matsutaké et l'importance du bon moment
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Notre voyage se déroulait vers la fin septembre, au
moment où l'été venait officiellement de laisser sa
place à l'automne.
Pour la cueillette des champignons sauvages, le
calendrier est important, mais il ne faut jamais
considérer une date comme une garantie.
Les fructifications varient selon les régions et les
conditions de l'année. La température, les
précipitations, l'humidité du sol et les particularités
locales peuvent faire avancer ou retarder une poussée.
Notre récolte le démontrait parfaitement.
Certains matsutakés étaient encore de magnifiques
boutons.
D'autres étaient complètement ouverts.
Certains étaient déjà secs ou trop avancés.
Nous étions donc capables d'observer plusieurs stades de
développement pendant la même expédition.
Pour un cueilleur, ces informations sont extrêmement
précieuses. Elles permettent de mieux planifier les
prochaines sorties et de comprendre à quel moment
revenir dans une région lors d'une saison future. |
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Une récolte sauvage n'est jamais parfaitement
prévisible
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On aimerait tous arriver en forêt et remplir
immédiatement nos paniers.
La réalité est différente.
Même lorsque l'habitat semble parfait, la récolte peut
être décevante. À l'inverse, un petit arrêt improvisé
peut devenir le meilleur moment de la journée.
Pendant notre voyage, nous avons vécu les deux
situations.
Certains secteurs que nous pensions prometteurs
produisaient relativement peu. D'autres nous ont donné
plusieurs beaux spécimens.
C'est justement ce qui rend la cueillette sauvage aussi
intéressante.
Il faut accepter une part d'incertitude.
Le but n'est pas uniquement de revenir avec le plus
grand nombre possible de champignons. Chaque sortie doit
également servir à améliorer notre compréhension du
territoire.
Un secteur sans champignons peut lui aussi nous
apprendre quelque chose. |
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Les bolets : une autre excellente surprise de
l'Abitibi
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Le matsutaké était évidemment la vedette du voyage, mais
il n'était pas seul.
Nous avons également trouvé plusieurs bolets.
Et quelle qualité !
Certains étaient gros, extrêmement fermes et beaucoup
moins parasités que plusieurs bolets rencontrés plus tôt
pendant l'été.
J'ai trouvé notamment différents types de bolets, dont
certains à pied noir et d'autres spécimens que je
connaissais moins bien.
Une chose était certaine : la qualité générale était
impressionnante.
Avec le recul, nous aurions même pu en récolter
davantage.
Cette observation devient maintenant une information
pour mes prochaines sorties. Lorsque je retournerai dans
cette région à cette période de l'année pour chercher
des matsutakés, je porterai également beaucoup plus
attention aux bolets.
C'est encore une fois la démonstration qu'une expédition
consacrée à une ressource peut complètement modifier
notre façon de regarder les autres ressources présentes
autour. |
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Matsutaké fraîchement cueilli |
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La récolte n'est que la première moitié du travail
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Revenir à la voiture avec des paniers pleins donne
l'impression que le travail est terminé.
En réalité, il commence presque.
Une récolte importante de champignons sauvages doit être
traitée rapidement.
Après le retour de l'Abitibi, une grosse journée de
nettoyage, de classement et de transformation nous
attendait.
Et quand on revient d'un voyage qui représente près de 1
000 kilomètres de route, ce n'est pas nécessairement le
moment où on a le plus envie de passer des heures devant
une montagne de champignons.
Mais c'est indispensable.
Un champignon sauvage est un produit frais et fragile.
Plus on attend, plus sa qualité risque de diminuer.
Il faut donc trier la récolte, examiner chaque spécimen
et décider rapidement de sa destination. |
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Trier les matsutakés selon leur état
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Tous les matsutakés récoltés n'étaient évidemment pas
identiques.
Nous avions de magnifiques boutons.
Nous avions des spécimens plus ouverts.
Nous avions des champignons parfaitement sains.
Et nous en avions d'autres qui étaient plus avancés ou
qui présentaient des parties abîmées.
Le tri permet de déterminer ce qu'on peut utiliser
immédiatement et ce qui mérite une transformation
différente.
Un champignon ouvert n'est pas automatiquement inutile.
Il peut encore contenir beaucoup de belle chair ferme.
C'est justement quelque chose que je voulais
expérimenter après cette excursion : jusqu'où peut-on
valoriser chaque partie d'un matsutaké selon son stade
de maturité ?
Au lieu de considérer le champignon uniquement comme «
parfait » ou « bon à jeter », il devient beaucoup plus
intéressant d'examiner sa texture et son état réel. |
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Nettoyer soigneusement les champignons
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Le nettoyage représente une énorme partie du travail.
Il faut enlever la terre et examiner la chair. Certains
spécimens peuvent également contenir des larves.
Personnellement, je préfère retirer les parties
atteintes.
Lorsqu'un gros champignon possède énormément de chair
saine et seulement quelques petites zones affectées, je
trouve dommage de jeter tout le spécimen. Je travaille
donc chaque morceau et j'élimine ce que je ne veux pas
conserver.
C'est presque de la sculpture de champignons !
Cela demande du temps.
Beaucoup de temps.
Dans notre cas, le traitement de la récolte a occupé une
bonne partie de la journée suivant le retour. Mais
lorsqu'on a parcouru autant de kilomètres pour aller
chercher une ressource, on veut naturellement en
valoriser le maximum.
Le travail ne s'arrête donc pas au panier. |
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Séchage, congélation, vinaigre et autres
transformations
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Une récolte importante oblige à réfléchir rapidement à
la conservation.
On ne peut évidemment pas manger tous ces champignons
frais en quelques jours.
J'avais donc plusieurs projets : séchage, préparation de
potages, congélation, vinaigres, épices et différents
essais de transformation.
Je voulais également expérimenter avec certaines
textures et certaines parties du champignon.
Les pieds, par exemple, peuvent être particulièrement
fermes et fibreux. Plutôt que de décider immédiatement
qu'une partie est moins intéressante, je préfère tester.
Est-ce que cette texture fonctionne mieux séchée ?
Dans le vinaigre ?
Dans une préparation particulière ?
Peut-on utiliser certains morceaux autrement ?
C'est ça aussi, travailler avec une ressource sauvage.
On apprend à connaître le produit en le transformant. |
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Comment cuisiner le matsutaké simplement
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Après autant d'heures passées à chercher et nettoyer les
champignons, il fallait évidemment y goûter.
Pour un premier essai, inutile de compliquer les choses.
Un beau morceau de matsutaké, simplement poêlé dans le
beurre, permet déjà de découvrir le champignon.
Sans accumulation d'épices.
Sans cacher sa saveur.
C'est justement ce que j'ai fait avec certains beaux
morceaux.
La texture et le goût deviennent alors les vedettes.
Martin Constant m'avait également conseillé d'essayer
une cuisson douce à la vapeur afin de conserver
davantage le caractère propre du champignon plutôt que
de le modifier avec le beurre.
C'est exactement le genre d'essai qui m'intéresse.
On commence simplement.
On goûte.
Puis on compare.
Après, on peut aller plus loin : potages, beurre
aromatisé, préparations déshydratées et autres
transformations.
L'objectif est de comprendre le produit avant de vouloir
absolument le transformer. |
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Expérimenter pour mieux valoriser le matsutaké
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Cette étape de transformation fait partie intégrante de
ma démarche.
Je ne veux pas simplement savoir reconnaître et cueillir
une ressource.
Je veux savoir quoi faire avec.
Un matsutaké parfaitement fermé n'offre pas
nécessairement la même texture qu'un gros spécimen
complètement ouvert.
Les pieds ne réagissent pas nécessairement comme les
chapeaux.
Un champignon destiné au séchage n'a pas besoin de
présenter exactement les mêmes caractéristiques qu'un
spécimen qu'on souhaite servir entier.
C'est donc après la cueillette qu'une nouvelle phase
d'apprentissage commence.
On transforme.
On goûte.
On compare.
On prend mentalement des notes.
Et lors de la prochaine récolte, on sait davantage quels
spécimens choisir pour chacune des utilisations. |
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Transformation des Matsutakés |
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Partager la récolte et les connaissances
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Une autre partie importante de cette aventure est le
partage.
Martin Constant et Steve Lagrange nous ont partagé leurs
connaissances et certains secteurs qu'ils connaissaient.
Ils nous ont également donné des champignons.
De notre côté, Patrick et moi avons partagé notre
expérience et certains souvenirs de voyage.
Cette dynamique est importante dans le monde de la
cueillette.
Les bons endroits sont précieux et il faut respecter les
gens qui acceptent de les partager. Lorsqu'une personne
nous fait suffisamment confiance pour nous montrer un
secteur productif, on ne transforme pas automatiquement
ses indications en coordonnées publiques.
La connaissance du territoire s'accompagne d'une
responsabilité.
Cette confiance permet justement à une communauté de
cueilleurs de continuer à échanger et à apprendre
ensemble. |
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Près de 1 000 kilomètres pour mieux connaître un
champignon
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Si on regarde seulement la quantité de champignons
récoltés, parcourir près de 1 000 kilomètres peut
sembler excessif.
Mais ce serait complètement passer à côté de
l'essentiel.
Nous ne sommes pas revenus uniquement avec des
matsutakés.
Nous sommes revenus avec une meilleure compréhension des
peuplements de pins gris.
Nous avons observé plusieurs habitats.
Nous avons vu le matsutaké à différents stades de
maturité.
Nous avons rencontré de nouvelles plantes.
Nous avons récolté des bolets d'une qualité
exceptionnelle.
Nous avons rencontré des passionnés.
Et surtout, nous avons transformé des connaissances
théoriques en expérience réelle.
C'est beaucoup plus précieux qu'un panier de
champignons. |
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Une petite leçon de préparation : vérifier son
essence !
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Évidemment, une aventure digne de ce nom doit aussi
comporter quelques imprévus.
Sur le chemin du retour, Patrick et moi avons réussi à
oublier un détail assez important avant de traverser un
grand secteur isolé : vérifier la quantité d'essence
dans la voiture.
Quand on se retrouve dans un parc ou une région où les
distances entre les services sont importantes, ce genre
d'oubli peut rapidement transformer une belle journée en
problème sérieux.
Nous avons eu de la chance.
Une station-service se trouvait finalement à environ un
kilomètre lorsque la situation est devenue préoccupante.
La morale est simple : lorsqu'on part cueillir dans une
région éloignée, le panier n'est pas la seule chose à
préparer.
Il faut vérifier l'essence, connaître son itinéraire,
prévoir de l'eau et de la nourriture, avoir des
vêtements adaptés et tenir compte du fait que le réseau
cellulaire peut être limité.
La forêt est magnifique, mais les distances québécoises
sont grandes. |
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Le Québec possède un territoire exceptionnel pour
les cueilleurs
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Cette expédition m'a encore rappelé à quel point le
Québec est immense.
D'une région à l'autre, les paysages changent.
Les forêts changent.
Les plantes changent.
Les champignons changent.
Même lorsqu'on possède plusieurs années d'expérience, il
suffit de parcourir quelques centaines de kilomètres
pour retrouver des environnements qu'on connaît beaucoup
moins.
C'est ce qui me passionne.
On peut passer une vie à apprendre les ressources
sauvages du Québec sans avoir l'impression d'avoir
terminé.
L'Abitibi m'a permis de voir des associations végétales
différentes de celles auxquelles je suis habitué,
d'observer la comptonie voyageuse en abondance, de
rencontrer de grandes talles de raisin d'ours et,
évidemment, de mieux comprendre le matsutaké associé aux
peuplements de pins gris.
Chaque région devient une nouvelle classe. |
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Transformer l'expérience en connaissances
transmissibles
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Une des raisons pour lesquelles je filme ces voyages est
justement de pouvoir transmettre cette expérience.
Tout le monde ne peut pas nécessairement parcourir 1 000
kilomètres pour aller étudier le matsutaké en Abitibi.
La vidéo permet donc de montrer les environnements.
Pas seulement les champignons.
C'est important.
Voir un beau matsutaké posé sur une table est
intéressant, mais cela n'apprend pas nécessairement à le
trouver.
Voir la mousse, les pins gris, les bleuets, la
végétation basse et la structure générale du terrain
apporte beaucoup plus d'informations à quelqu'un qui
veut développer son œil de cueilleur.
C'est pour cette raison que j'aime montrer le
cheminement complet.
Les arrêts qui fonctionnent.
Les endroits où on ne trouve presque rien.
Les découvertes imprévues.
Le nettoyage.
La transformation.
Tout cela fait partie de l'apprentissage. |
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Retirer les vers des champignons Matsutakés |
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Se créer des occasions pour apprendre
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Au retour du voyage, une idée revenait constamment : il
faut se créer des occasions.
Cette aventure aurait facilement pu rester un projet
dont Patrick et moi parlions pendant des années.
À la place, on l'a fait.
On a choisi une région.
On a ciblé des environnements.
On a pris la route.
On a partagé les dépenses.
On a contacté des gens.
Et on est allés voir.
C'est une façon extrêmement efficace d'apprendre.
Il n'est pas nécessaire d'attendre de tout connaître
avant de commencer. Il faut évidemment posséder les
connaissances nécessaires pour pratiquer une cueillette
sécuritaire, particulièrement lorsqu'il est question de
champignons destinés à la consommation, mais il restera
toujours quelque chose qu'on ne connaît pas.
L'expérience vient justement compléter la théorie. |
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De la cueillette à la transformation : valoriser
réellement les ressources sauvages
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Pour moi, une ressource sauvage ne prend pas toute sa
valeur au moment où elle entre dans le panier.
La partie la plus importante vient souvent après.
Il faut nettoyer.
Trier.
Transformer.
Conserver.
Cuisiner.
Et finalement partager.
C'est parfois moins spectaculaire que de découvrir un
immense matsutaké sous un pin gris, mais c'est ce
travail qui permet réellement de profiter de la récolte.
Après avoir terminé le traitement des matsutakés et des
bolets, d'autres récoltes m'attendaient déjà.
Les pommes, notamment.
C'est ça, travailler avec les ressources saisonnières :
lorsqu'une récolte se termine, une autre commence.
Et même si le traitement représente parfois la partie la
plus exigeante, c'est aussi celle qui permet de
transformer quelques heures passées dans la forêt en
nourriture et en expériences qui pourront durer
plusieurs mois. |
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CONCLUSION
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Cette aventure à la recherche du matsutaké en Abitibi
aura été beaucoup plus qu'une simple cueillette de
champignons.
Avec Patrick Villeneuve, nous sommes partis avec
l'objectif de trouver ce champignon dans les peuplements
de pins gris et de terminer la saison des grandes
cueillettes avec une expérience différente. Nous sommes
revenus avec des paniers remplis, mais surtout avec une
quantité impressionnante de nouvelles connaissances.
Martin Constant et Steve Lagrange nous ont permis
d'approfondir notre compréhension du territoire et je
les remercie encore pour leur accueil, leurs conseils et
leur générosité.
Cette expédition m'a également permis d'observer pour la
première fois certaines ressources dans une abondance
que je n'avais jamais rencontrée auparavant : la
comptonie voyageuse, le raisin d'ours, différents
environnements dominés par le pin gris et des bolets
d'une qualité remarquable.
Mais la plus grande leçon demeure la même : pour
apprendre, il faut aller voir.
Observer un peuplement forestier.
Comparer les sols.
Regarder les plantes.
Chercher les champignons.
Revenir dans les bons environnements.
Transformer les récoltes.
Goûter.
Et recommencer.
C'est comme ça qu'on façonne sa connaissance par
l'expérience.
« On l'fait. »
Cette expression résume parfaitement notre voyage.
Nous voulions vivre une véritable cueillette de
matsutakés en Abitibi. Nous avons pris la route et nous
l'avons fait.
Et maintenant que je comprends beaucoup mieux ce
champignon, son environnement et son potentiel de
transformation, il reste encore énormément de choses à
expérimenter.
Parce qu'en forêt, chaque réponse finit presque toujours
par amener une nouvelle question.
Et c'est exactement pour ça qu'on y retourne. |
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Ben Cormier (Tarzan) est
formateur en PFNL (Produits forestiers non ligneux). Il
est également collaborateur certifié de Jardinage
Bricolage Autosuffisance Recyclage Québec. |
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Passionné de notre
environnement ayant pour but de vous conscientiser sur
les richesses de notre terroir qui est un garde manger
et une pharmacie.
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