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CUEILLETTE DU MATSUTAKÉ EN ABITIBI : TROUVER CE CHAMPIGNON DU QUÉBEC

 
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Cueillir le Matsutaké en Abitibi
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Résumé de la vidéo et contenu inédit :
 
Ben Cormier (Tarzan), collaborateur certifié de Jardinage Bricolage Autosuffisance Recyclage Québec, se spécialise en PFNL ou Produits forestiers non ligneux. Dans ses vidéos animées, comme seul sait le faire Ben Cormier, la mycologie et les PFNL sont à l'honneur. Lors de ses aventures en forêt, Ben nous fait découvrir la grande valeur de notre terroir québécois en plus de nous sensibiliser à l'autosuffisance alimentaire. Plantes, aromates, champignons, transformations, recettes etc. sont ses sujets favoris.
 
 
Dans cette vidéo, Ben Cormier (Tarzan) nous entraîne avec Patrick Villeneuve en Abitibi à la recherche du matsutaké, un champignon sauvage recherché du Québec. Ils apprennent à repérer les habitats propices dans les peuplements de pins gris et à reconnaître les indices révélant sa présence. Accompagnés de Martin Constant et Steve Lagrange, ils découvrent également plusieurs plantes et champignons de la forêt boréale. De la prospection à la récolte, Ben partage son expérience pratique de cueilleur. L'aventure se poursuit avec le nettoyage, le tri, la conservation et la transformation des matsutakés récoltés.
 
 
 
 
Contenu de l'article de la vidéo :
 
27 septembre 2026 :
 

Cueillette du matsutaké en Abitibi : l’aventure de Ben Cormier et Patrick Villeneuve

 

À la recherche du matsutaké dans les forêts de l’Abitibi

Partir à la recherche du matsutaké au Québec, ce n’est pas simplement entrer dans une forêt avec un panier en espérant tomber sur le bon champignon. C’est apprendre à observer un territoire, reconnaître les bons peuplements forestiers, comprendre les plantes qui accompagnent certains habitats et, surtout, accumuler de l’expérience sur le terrain. C’est exactement ce que Ben Cormier et Patrick Villeneuve ont voulu faire en prenant la route de l’Abitibi pour une véritable expédition de cueillette de champignons sauvages.

Pour Ben, ce voyage avait une signification particulière. Après une saison passée à parcourir différentes régions du Québec, aller chercher le matsutaké en Abitibi représentait une façon exceptionnelle de terminer la période des grandes cueillettes. Il connaissait déjà ce champignon, mais voulait maintenant aller plus loin : le chercher dans son habitat, observer les endroits où il pousse, en récolter suffisamment pour expérimenter différentes transformations et, surtout, partager cette expérience.

Cette aventure est également une excellente démonstration d'une philosophie que Ben répète souvent : la connaissance ne se construit pas uniquement dans les livres. Pour comprendre une ressource sauvage, il faut aller sur le terrain, observer, comparer, essayer, parfois se tromper et recommencer.
 
 
Cueillette de champignons en Abitibi
Nettoyage des bulbes d'ail
 
 

Le matsutaké du Québec : un champignon forestier recherché

Au Québec, le champignon couramment appelé matsutaké est le tricholome à grand voile, Tricholoma magnivelare. C'est un champignon remarquable par sa chair ferme, son pied robuste et son odeur épicée caractéristique.

Il appartient au même groupe de champignons que les matsutakés asiatiques réputés pour leurs qualités gastronomiques. Pour le cueilleur québécois, son intérêt ne réside toutefois pas seulement dans sa valeur culinaire. Trouver le matsutaké demande de comprendre les relations entre le champignon, les arbres et les caractéristiques du sol.

C'est justement cette lecture de l'environnement qui devient le fil conducteur de l'expédition de Ben et Patrick.

Dès les premières heures de route, Ben observe les changements dans la végétation. Le voyage devient déjà une activité de prospection. Plus ils avancent, plus ils surveillent la présence du pin gris et les changements dans la composition de la forêt.

L'objectif n'est donc pas simplement de se rendre à une destination précise. La recherche commence avant même d'arriver en Abitibi.
 
 

Observer les peuplements de pins gris

L'un des éléments les plus importants de l'approche de Ben consiste à observer les peuplements de pins gris.

Pendant le trajet, Ben et Patrick remarquent progressivement davantage de pins gris. Certains peuplements sont encore jeunes et ne correspondent pas nécessairement à l'habitat qu'ils recherchent. D'autres secteurs deviennent beaucoup plus intéressants.

Ben porte notamment attention à la dimension et à l'âge apparent des arbres. Dans sa prospection, il recherche surtout des peuplements de pins gris matures, idéalement âgés de plusieurs décennies.

Mais regarder les arbres ne suffit pas.

Le sol, la mousse, le drainage, la végétation basse et la structure générale du peuplement donnent eux aussi des indices. Certains secteurs peuvent sembler intéressants à première vue sans produire de matsutakés, alors qu'un changement subtil dans l'environnement peut soudainement révéler un habitat beaucoup plus favorable.

C'est pourquoi Ben insiste autant sur l'observation.

Il ne cherche pas seulement le champignon. Il cherche d'abord l'environnement capable de produire le champignon.
 
 

Apprendre à lire l'environnement avant de chercher les champignons

Cette différence est fondamentale pour devenir un meilleur cueilleur.

Lorsqu'on débute, on marche souvent dans la forêt en regardant directement le sol. On espère apercevoir un chapeau de champignon. Avec l'expérience, l'approche change : on commence par regarder la forêt elle-même.

Quels arbres dominent le secteur ?

Le sol semble-t-il sablonneux ?

Quelle végétation pousse au niveau du sol ?

Y a-t-il beaucoup de mousse ?

Le peuplement est-il jeune ou mature ?

Quels autres champignons apparaissent dans cet habitat ?

Ben et Patrick multiplient donc les arrêts pendant leur trajet. Ils sortent de la voiture, observent le terrain et vérifient ce qui pousse.

Cette façon de procéder permet progressivement de construire une sorte de carte mentale des habitats. Même lorsqu'un arrêt ne produit aucun matsutaké, il peut devenir utile : il permet de comparer cet endroit avec celui où les champignons seront finalement trouvés.

C'est une méthode basée sur l'expérience cumulative.
 
 

Les premiers matsutakés : confirmer que la stratégie fonctionne

Puis vient le moment que tout cueilleur attend : les premiers matsutakés apparaissent.

Ben Cormier remarque de petits spécimens encore en boutons. Le pied est particulièrement ferme et l'odeur caractéristique vient renforcer l'identification.

L'excitation est immédiate.

Un premier champignon est découvert, puis un deuxième, puis d'autres autour. Cette situation illustre une autre règle pratique importante : lorsqu'un matsutaké est trouvé, il faut prendre le temps d'examiner attentivement les alentours.

Ben le fera d'ailleurs plusieurs fois pendant le voyage.

Un champignon visible peut indiquer que d'autres fructifications sont présentes à proximité, parfois partiellement cachées dans la mousse ou la végétation. Il faut donc ralentir et regarder autour des arbres plutôt que de simplement ramasser le premier spécimen et poursuivre son chemin.

Les jeunes boutons sont particulièrement intéressants. Leur chair est compacte et ferme, et ils sont généralement dans un état recherché par les cueilleurs.

Mais les spécimens plus développés ne sont pas nécessairement perdus. Ben s'intéresse justement à cette question pendant l'expédition : comment valoriser les champignons selon leur stade de maturité ?

Cette interrogation prendra toute son importance au retour.
 
 

Une première récolte encourageante sur la route de l'Abitibi

Les premiers arrêts deviennent rapidement encourageants.

Ben et Patrick ne trouvent pas nécessairement des quantités extraordinaires à chaque endroit, mais plusieurs secteurs produisent. Certains offrent quelques spécimens isolés alors que d'autres permettent de récolter plusieurs champignons dans un espace relativement restreint.

La satisfaction vient autant de la récolte que de la confirmation de leur lecture du territoire.

Ils observent un habitat.
Ils décident de s'arrêter.
Ils explorent.
Et ils trouvent des matsutakés.

Cette succession d'observations permet de transformer progressivement une connaissance théorique en véritable compétence de terrain.

Au moment de poursuivre leur route vers Val-d'Or puis Amos, ils ont déjà plusieurs matsutakés avec eux. Le voyage est donc loin d'être terminé, mais l'expédition est déjà une réussite.
 
 
Comptonie voyageuse
La Comptonie voyageuse
 
 

La comptonie voyageuse : une découverte marquante

La recherche du matsutaké amène également Ben à découvrir d'autres ressources végétales.

Parmi celles-ci, la comptonie voyageuse attire particulièrement son attention.

Pour Ben, c'est une découverte importante puisqu'il a rarement l'occasion de côtoyer cette plante sauvage dans son environnement habituel. Il la reconnaît notamment à son feuillage aromatique et prend le temps de l'observer.

Au fil du voyage, il rencontre des colonies beaucoup plus importantes et finit également par observer ses fruits.

Cette découverte illustre parfaitement l'intérêt d'une excursion consacrée aux champignons : lorsqu'on apprend à observer un écosystème plutôt qu'une seule espèce, la forêt devient beaucoup plus riche.

On part chercher un matsutaké et on découvre en même temps de nouvelles plantes, de nouveaux habitats et de nouvelles associations.

Pour Ben, ces observations sont autant de connaissances supplémentaires à ajouter à son « sac à savoir ».
 
 

Une forêt qu'on ne finit jamais d'apprendre

C'est d'ailleurs l'une des grandes leçons de cette aventure.

Même lorsqu'on possède déjà beaucoup de connaissances sur les plantes sauvages et les champignons, il reste constamment quelque chose à découvrir.

Ben connaît plusieurs ressources forestières, mais il n'hésite pas à dire lorsqu'une plante lui est moins familière. Au contraire, c'est justement ce qui rend l'expérience intéressante.

La forêt boréale et les zones de transition entre conifères et feuillus peuvent contenir une quantité impressionnante de ressources.

Une plante déjà connue peut apparaître sous une forme différente.

Une espèce rarement rencontrée peut soudainement former une immense colonie.

Un champignon qu'on connaissait surtout dans les livres peut finalement être observé dans son véritable habitat.

C'est cette accumulation d'expériences qui permet d'améliorer sa compréhension du territoire.
 
 

Rencontre avec Martin Constant et Steve Lagrange

Une fois arrivés dans la région, Ben et Patrick rejoignent Martin Constant et Steve Lagrange.

Cette rencontre change une partie de l'expédition.

Ben et Patrick avaient déjà réussi à trouver des matsutakés par eux-mêmes grâce aux secteurs qu'ils avaient ciblés. Mais être accompagné par des gens connaissant intimement le territoire permet d'aller encore plus loin.

Martin et Steve les conduisent dans différents secteurs favorables.

C'est un aspect important de la cueillette sauvage : la connaissance locale possède une immense valeur.

Une personne qui fréquente un territoire depuis plusieurs années sait souvent reconnaître des détails impossibles à apprendre rapidement sur une carte. Elle connaît les variations du terrain, les peuplements forestiers, les endroits ayant déjà produit certaines espèces et les changements d'une saison à l'autre.

Ben souligne d'ailleurs l'importance de respecter cette confiance.

Les bons coins à champignons sont précieux. Lorsqu'une personne accepte de montrer un secteur productif, ce partage doit être traité avec respect. Cela signifie notamment éviter de diffuser publiquement sa localisation et adopter une récolte responsable.
 
 

Chercher le matsutaké sous le pin gris

Dans les secteurs visités, le lien avec le pin gris devient de plus en plus évident.

Ben observe des matsutakés près de ces arbres et compare les endroits productifs avec les secteurs moins intéressants.

Les habitats qui retiennent particulièrement son attention possèdent souvent une végétation relativement basse, beaucoup de mousse et un aspect parfois presque ouvert ou semi-désertique.

Plus tard dans l'expédition, cette observation deviendra encore plus frappante : certains environnements dominés par le pin gris, avec du bleuet et une végétation basse, produisent davantage de matsutakés que certains secteurs plus densément forestiers.

C'est exactement le genre d'information qui devient extrêmement utile pour les futures prospections.

Au lieu de parcourir des kilomètres de forêt au hasard, Ben apprend à reconnaître une signature écologique.
 
 
 
 

L'importance de reconnaître le champignon avec certitude

Trouver le bon habitat ne dispense jamais d'identifier correctement chaque champignon récolté.

Le matsutaké québécois possède plusieurs caractéristiques utiles à son identification : un pied très ferme, une chair blanche et compacte, des lames blanchâtres et une odeur particulièrement distinctive.

Mais la prudence reste essentielle.

Le genre Tricholoma comprend de nombreuses espèces. Un cueilleur ne devrait jamais consommer un champignon uniquement parce qu'il pousse dans le « bon » environnement ou ressemble à une photographie.

L'habitat constitue un indice, pas une preuve d'identification.

Ben utilise justement plusieurs informations simultanément : l'environnement, les arbres associés, la texture du pied, les lames, l'apparence générale et l'odeur.

Pour toute consommation de champignons sauvages, l'identification doit être certaine. En cas de doute, le spécimen reste dans le panier d'étude plutôt que dans l'assiette.
 
 

Des boutons aux gros spécimens matures

Pendant cette excursion, Ben rencontre des matsutakés à différents stades de développement.

Les petits boutons provoquent évidemment beaucoup d'enthousiasme. Ils sont compacts, fermes et souvent magnifiques.

Mais certains spécimens sont énormes.

Ben en manipule qui approchent ou dépassent largement les dimensions habituelles auxquelles un débutant pourrait s'attendre. Certains gros champignons possèdent encore une chair saine et un pied ferme.

C'est là que l'observation de l'intérieur devient importante.

Un champignon plus âgé peut être partiellement parasité ou dégradé. Ben vérifie donc la chair et le pied avant de décider s'il mérite d'être conservé.

L'objectif n'est pas de remplir le panier à tout prix.

Il faut apprendre à distinguer ce qui est encore valorisable de ce qui est trop avancé.
 
 

Une récolte moins abondante que prévu… mais des paniers qui se remplissent

L'une des choses intéressantes dans le récit de Ben est son réalisme.

À certains moments, il reconnaît que la récolte n'est pas aussi abondante qu'il l'avait imaginé.

Pourtant, les paniers continuent de se remplir.

C'est une bonne illustration de la différence entre les attentes d'un cueilleur et la réalité d'une récolte sauvage. Une journée peut sembler moyenne lorsqu'on compare chaque secteur à un endroit exceptionnellement productif, tout en donnant finalement plusieurs kilos de champignons.

Ben et Patrick trouvent des matsutakés de tailles et de stades différents. Martin et Steve leur offrent également une partie de leurs cueillettes.

À la fin, les paniers deviennent lourds.

Et l'aventure est encore loin d'être terminée.
 
 

Le raisin d'ours : une autre plante du territoire

Au cours de la prospection, Ben découvre également de grandes colonies de raisin d'ours, Arctostaphylos uva-ursi.

Il remarque ses petites feuilles épaisses et persistantes ainsi que ses fruits rouges. Cette plante peut parfois être confondue à distance avec d'autres petits couvre-sols forestiers, ce qui rappelle encore une fois l'importance d'observer plusieurs caractères avant d'identifier une espèce.

Pour Ben, l'intérêt principal est surtout de pouvoir enfin observer cette plante en grandes talles dans son milieu naturel.

Ce type de découverte enrichit considérablement une excursion.

L'objectif initial reste le matsutaké, mais comprendre les plantes qui composent son environnement permet progressivement de mieux comprendre l'écosystème dans son ensemble.
 
 

Le poivre des dunes et les ressources aromatiques de la forêt

Ben profite également du voyage pour observer le poivre des dunes, nom couramment donné aux chatons mâles de l'aulne crispé.

Il s'intéresse depuis longtemps aux ressources aromatiques sauvages et compare naturellement cette découverte avec d'autres plantes qu'il utilise ou étudie.

Sur le terrain, il explique qu'il préfère parfois récolter certaines parties aromatiques après qu'elles ont subi les effets de l'hiver, lorsqu'il recherche une intensité différente.

Cette approche est typique de sa façon d'apprendre : goûter, comparer les périodes de récolte et tester les transformations plutôt que considérer qu'une ressource possède une seule utilisation possible.

Il faut cependant distinguer l'expérimentation culinaire des usages médicinaux. Une plante sauvage ne devrait jamais être consommée pour traiter un problème de santé uniquement sur la base d'un usage traditionnel rapporté sur le terrain.
 
 

Chanterelles, tricholomes et autres champignons rencontrés

Une excursion consacrée au matsutaké ne signifie évidemment pas que les autres champignons disparaissent de la forêt.

Ben, Patrick, Martin et Steve rencontrent notamment des chanterelles et différents tricholomes.

Cette diversité permet de comparer les espèces et leurs habitats.

Pour un cueilleur, c'est une excellente habitude : même lorsqu'on recherche une espèce précise, il faut continuer à observer tout ce qui pousse autour.

Ces champignons peuvent fournir des indices sur l'écosystème et enrichir les connaissances pour les prochaines sorties.

Le 21 septembre marque justement une transition symbolique pendant leur voyage. L'automne commence officiellement et les champignons typiquement associés à la fin de saison prennent progressivement le relais de ceux rencontrés plus tôt durant l'été.
 
 

La permaculture nordique observée directement dans la nature

Ben Cormier emploie spontanément l'expression « permaculture nordique » en regardant la diversité végétale présente autour de lui.

Dans un même secteur, il observe notamment des bleuets, du raisin d'ours, de la comptonie voyageuse, différentes mousses, des pins gris et d'autres plantes adaptées à cet environnement nordique.

Pour quelqu'un qui s'intéresse aux systèmes nourriciers et aux ressources sauvages, ce type d'écosystème devient une véritable classe en plein air.

Les espèces ne sont pas distribuées au hasard.

Elles répondent à la nature du sol, à l'humidité, à la lumière, aux perturbations passées et aux arbres présents.

Observer ces associations permet de mieux comprendre pourquoi certaines ressources apparaissent ensemble.

Et lorsqu'on commence à reconnaître ces communautés végétales depuis la route ou à l'entrée d'un boisé, la recherche des champignons devient beaucoup plus efficace.
 
 
Chercher le Matsutaké sous les pins gris
Chercher le Matsutaké sous les pins gris
 
 

Une récolte qui devient une véritable aventure humaine

Plus les paniers se remplissent, plus il devient évident que cette expédition dépasse largement la simple récolte de champignons.

Il y a Patrick Villeneuve, compagnon de route et partenaire de cueillette.

Il y a Martin Constant et Steve Lagrange, qui partagent une partie de leur connaissance du territoire.

Il y a les rencontres improvisées en chemin.

Et il y a surtout cette volonté de partager les connaissances plutôt que de simplement revenir à la maison avec des paniers pleins.

Ben Cormier le résume à sa façon : il faut se créer des occasions d'aller découvrir les ressources que le Québec peut offrir.

C'est une démarche qui demande du temps, des kilomètres et parfois beaucoup d'organisation.

Mais pour apprendre véritablement un territoire, il faut finir par y mettre les pieds.
 
 

« On l'fait » : apprendre par l'expérience

Cette aventure pourrait presque se résumer par une expression chère à Ben : « On l'fait ».

On peut parler pendant des années d'aller chercher un champignon particulier.
On peut regarder des vidéos.
On peut consulter des cartes.
On peut apprendre les caractéristiques d'un habitat.

Mais il arrive un moment où il faut prendre son panier et aller vérifier tout cela sur le terrain.

Ben connaissait déjà le matsutaké. Il avait étudié son habitat et ciblé certains secteurs avant le départ. Pourtant, cette expédition lui apporte quelque chose qu'aucune lecture ne pouvait remplacer : l'expérience directe de plusieurs habitats différents.

Il voit les secteurs qui produisent.
Il voit ceux qui semblent parfaits mais produisent peu.
Il observe des matsutakés jeunes, matures, secs ou partiellement parasités.
Il découvre les plantes qui les entourent.

Et toutes ces observations deviennent des références pour les prochaines années.

C'est ainsi qu'un cueilleur façonne progressivement sa connaissance.

Et justement, alors que Ben et Patrick pensent avoir terminé leur grande cueillette, l'Abitibi leur réserve encore l'une des plus belles surprises du voyage...
 
 
Raisin d'ours
Le Raisin d'ours
 
 

Quand on pense que la cueillette est terminée…

Une des grandes leçons de cette aventure en Abitibi est qu'une journée de cueillette n'est pas terminée tant qu'on n'a pas réellement quitté les habitats intéressants.

Après plusieurs heures en forêt et des paniers déjà bien remplis, Patrick Villeneuve et moi aurions facilement pu considérer notre mission accomplie. Nous avions trouvé nos matsutakés, rencontré Martin Constant et Steve Lagrange, découvert de nouveaux environnements et accumulé une quantité impressionnante d'observations.

Mais lorsqu'on est cueilleur, il reste toujours cette petite idée dans la tête : « D'un coup que le prochain coin serait encore meilleur ? »

Et c'est exactement ce qui est arrivé.

Sur le chemin du retour, nous avons continué à observer les peuplements de pins gris et la végétation. Même avec une belle récolte dans la voiture, il était difficile de traverser un environnement prometteur sans aller vérifier.

Cette curiosité allait nous mener vers l'un des meilleurs secteurs de toute l'expédition.
 

Pin gris, mousse et végétation basse : reconnaître un habitat prometteur

Plus on avançait dans cette aventure, plus certains éléments du paysage devenaient familiers.

Le pin gris demeurait un indice important. Mais après avoir visité plusieurs endroits, nous pouvions maintenant comparer les différents types de peuplements.

Tous les peuplements de pins gris ne produisaient évidemment pas la même chose.

Certains environnements étaient davantage forestiers, avec une végétation plus dense. D'autres étaient beaucoup plus ouverts, avec des mousses, des bleuets et une végétation basse donnant presque une impression de milieu semi-désertique ou de toundra.

Et c'est dans ce genre d'environnement que nous avons observé une présence particulièrement intéressante de matsutakés.

À force de regarder les mêmes éléments encore et encore, un « pattern » commence à apparaître.

C'est là que l'expérience devient vraiment utile.

Au début d'une expédition, on cherche surtout le champignon. Après plusieurs heures, on commence plutôt à chercher l'habitat. Lorsqu'on reconnaît l'environnement, on sait qu'il faut ralentir, sortir de la voiture et regarder attentivement autour des arbres.

Le champignon devient presque la confirmation de ce qu'on avait déjà commencé à comprendre en observant le territoire.
 
 

Regarder autour du premier matsutaké

Lorsqu'on trouve un matsutaké, il faut résister à l'envie de simplement le ramasser et de repartir.

On regarde autour.

Encore.

Puis encore un peu.

Pendant le voyage, cette méthode nous a permis de trouver plusieurs autres spécimens autour d'un premier champignon.

Certains sont faciles à voir. D'autres peuvent être beaucoup plus discrets, particulièrement lorsqu'ils sont encore au stade de bouton. La mousse et la végétation peuvent cacher une partie importante du champignon.

C'est pour cette raison qu'un bon secteur mérite d'être exploré lentement.

Il faut regarder autour des arbres, examiner les petites bosses dans le couvert végétal et essayer de comprendre comment les champignons semblent être distribués.

Plus tard dans notre voyage, cette patience allait être largement récompensée.
 
 

Plus de 14 matsutakés dans un seul secteur

Parfois, la meilleure découverte arrive presque par accident.

Nous étions pratiquement rendus à la fin de notre cueillette lorsqu'un arrêt supplémentaire s'est transformé en l'un des moments les plus mémorables du voyage.

Dans ce secteur, les matsutakés étaient là.

Et pas seulement un ou deux.

J'en ai trouvé plus d'une dizaine dans le même environnement, avec une forte proportion de magnifiques boutons.

Après avoir passé autant de temps à chercher, comparer les habitats et parcourir des kilomètres, tomber sur un endroit comme celui-là confirme énormément de choses.

Le type de forêt.
Le pin gris.
La mousse.
La végétation basse.
La structure du terrain.

Tout ce qu'on avait observé pendant le voyage commençait à former un ensemble cohérent.

C'est aussi pour cette raison qu'il est important de mémoriser l'environnement plutôt que seulement l'endroit précis où pousse un champignon.

Un « spot » peut produire une année et beaucoup moins l'année suivante. Comprendre pourquoi cet endroit est intéressant permet éventuellement d'en trouver d'autres possédant des caractéristiques similaires.
 
 

La saison du matsutaké et l'importance du bon moment

Notre voyage se déroulait vers la fin septembre, au moment où l'été venait officiellement de laisser sa place à l'automne.

Pour la cueillette des champignons sauvages, le calendrier est important, mais il ne faut jamais considérer une date comme une garantie.

Les fructifications varient selon les régions et les conditions de l'année. La température, les précipitations, l'humidité du sol et les particularités locales peuvent faire avancer ou retarder une poussée.

Notre récolte le démontrait parfaitement.

Certains matsutakés étaient encore de magnifiques boutons.

D'autres étaient complètement ouverts.

Certains étaient déjà secs ou trop avancés.

Nous étions donc capables d'observer plusieurs stades de développement pendant la même expédition.

Pour un cueilleur, ces informations sont extrêmement précieuses. Elles permettent de mieux planifier les prochaines sorties et de comprendre à quel moment revenir dans une région lors d'une saison future.
 
 

Une récolte sauvage n'est jamais parfaitement prévisible

On aimerait tous arriver en forêt et remplir immédiatement nos paniers.

La réalité est différente.

Même lorsque l'habitat semble parfait, la récolte peut être décevante. À l'inverse, un petit arrêt improvisé peut devenir le meilleur moment de la journée.

Pendant notre voyage, nous avons vécu les deux situations.

Certains secteurs que nous pensions prometteurs produisaient relativement peu. D'autres nous ont donné plusieurs beaux spécimens.

C'est justement ce qui rend la cueillette sauvage aussi intéressante.

Il faut accepter une part d'incertitude.

Le but n'est pas uniquement de revenir avec le plus grand nombre possible de champignons. Chaque sortie doit également servir à améliorer notre compréhension du territoire.

Un secteur sans champignons peut lui aussi nous apprendre quelque chose.
 
 

Les bolets : une autre excellente surprise de l'Abitibi

Le matsutaké était évidemment la vedette du voyage, mais il n'était pas seul.

Nous avons également trouvé plusieurs bolets.

Et quelle qualité !

Certains étaient gros, extrêmement fermes et beaucoup moins parasités que plusieurs bolets rencontrés plus tôt pendant l'été.

J'ai trouvé notamment différents types de bolets, dont certains à pied noir et d'autres spécimens que je connaissais moins bien.

Une chose était certaine : la qualité générale était impressionnante.

Avec le recul, nous aurions même pu en récolter davantage.

Cette observation devient maintenant une information pour mes prochaines sorties. Lorsque je retournerai dans cette région à cette période de l'année pour chercher des matsutakés, je porterai également beaucoup plus attention aux bolets.

C'est encore une fois la démonstration qu'une expédition consacrée à une ressource peut complètement modifier notre façon de regarder les autres ressources présentes autour.
 
 
Matsutaké
Matsutaké fraîchement cueilli
 
 

La récolte n'est que la première moitié du travail

Revenir à la voiture avec des paniers pleins donne l'impression que le travail est terminé.

En réalité, il commence presque.

Une récolte importante de champignons sauvages doit être traitée rapidement.

Après le retour de l'Abitibi, une grosse journée de nettoyage, de classement et de transformation nous attendait.

Et quand on revient d'un voyage qui représente près de 1 000 kilomètres de route, ce n'est pas nécessairement le moment où on a le plus envie de passer des heures devant une montagne de champignons.

Mais c'est indispensable.

Un champignon sauvage est un produit frais et fragile. Plus on attend, plus sa qualité risque de diminuer.

Il faut donc trier la récolte, examiner chaque spécimen et décider rapidement de sa destination.
 
 

Trier les matsutakés selon leur état

Tous les matsutakés récoltés n'étaient évidemment pas identiques.

Nous avions de magnifiques boutons.
Nous avions des spécimens plus ouverts.
Nous avions des champignons parfaitement sains.

Et nous en avions d'autres qui étaient plus avancés ou qui présentaient des parties abîmées.

Le tri permet de déterminer ce qu'on peut utiliser immédiatement et ce qui mérite une transformation différente.

Un champignon ouvert n'est pas automatiquement inutile.

Il peut encore contenir beaucoup de belle chair ferme.

C'est justement quelque chose que je voulais expérimenter après cette excursion : jusqu'où peut-on valoriser chaque partie d'un matsutaké selon son stade de maturité ?

Au lieu de considérer le champignon uniquement comme « parfait » ou « bon à jeter », il devient beaucoup plus intéressant d'examiner sa texture et son état réel.
 
 

Nettoyer soigneusement les champignons

Le nettoyage représente une énorme partie du travail.

Il faut enlever la terre et examiner la chair. Certains spécimens peuvent également contenir des larves.

Personnellement, je préfère retirer les parties atteintes.

Lorsqu'un gros champignon possède énormément de chair saine et seulement quelques petites zones affectées, je trouve dommage de jeter tout le spécimen. Je travaille donc chaque morceau et j'élimine ce que je ne veux pas conserver.

C'est presque de la sculpture de champignons !

Cela demande du temps.

Beaucoup de temps.

Dans notre cas, le traitement de la récolte a occupé une bonne partie de la journée suivant le retour. Mais lorsqu'on a parcouru autant de kilomètres pour aller chercher une ressource, on veut naturellement en valoriser le maximum.

Le travail ne s'arrête donc pas au panier.
 
 

Séchage, congélation, vinaigre et autres transformations

Une récolte importante oblige à réfléchir rapidement à la conservation.

On ne peut évidemment pas manger tous ces champignons frais en quelques jours.

J'avais donc plusieurs projets : séchage, préparation de potages, congélation, vinaigres, épices et différents essais de transformation.

Je voulais également expérimenter avec certaines textures et certaines parties du champignon.

Les pieds, par exemple, peuvent être particulièrement fermes et fibreux. Plutôt que de décider immédiatement qu'une partie est moins intéressante, je préfère tester.

Est-ce que cette texture fonctionne mieux séchée ?

Dans le vinaigre ?

Dans une préparation particulière ?

Peut-on utiliser certains morceaux autrement ?

C'est ça aussi, travailler avec une ressource sauvage.

On apprend à connaître le produit en le transformant.
 
 

Comment cuisiner le matsutaké simplement

Après autant d'heures passées à chercher et nettoyer les champignons, il fallait évidemment y goûter.

Pour un premier essai, inutile de compliquer les choses.

Un beau morceau de matsutaké, simplement poêlé dans le beurre, permet déjà de découvrir le champignon.

Sans accumulation d'épices.

Sans cacher sa saveur.

C'est justement ce que j'ai fait avec certains beaux morceaux.

La texture et le goût deviennent alors les vedettes.

Martin Constant m'avait également conseillé d'essayer une cuisson douce à la vapeur afin de conserver davantage le caractère propre du champignon plutôt que de le modifier avec le beurre.

C'est exactement le genre d'essai qui m'intéresse.

On commence simplement.
On goûte.
Puis on compare.

Après, on peut aller plus loin : potages, beurre aromatisé, préparations déshydratées et autres transformations.

L'objectif est de comprendre le produit avant de vouloir absolument le transformer.
 
 

Expérimenter pour mieux valoriser le matsutaké

Cette étape de transformation fait partie intégrante de ma démarche.

Je ne veux pas simplement savoir reconnaître et cueillir une ressource.

Je veux savoir quoi faire avec.

Un matsutaké parfaitement fermé n'offre pas nécessairement la même texture qu'un gros spécimen complètement ouvert.

Les pieds ne réagissent pas nécessairement comme les chapeaux.

Un champignon destiné au séchage n'a pas besoin de présenter exactement les mêmes caractéristiques qu'un spécimen qu'on souhaite servir entier.

C'est donc après la cueillette qu'une nouvelle phase d'apprentissage commence.

On transforme.
On goûte.
On compare.
On prend mentalement des notes.

Et lors de la prochaine récolte, on sait davantage quels spécimens choisir pour chacune des utilisations.
 
 
Matsutakés
Transformation des Matsutakés
 
 

Partager la récolte et les connaissances

Une autre partie importante de cette aventure est le partage.

Martin Constant et Steve Lagrange nous ont partagé leurs connaissances et certains secteurs qu'ils connaissaient.

Ils nous ont également donné des champignons.

De notre côté, Patrick et moi avons partagé notre expérience et certains souvenirs de voyage.

Cette dynamique est importante dans le monde de la cueillette.

Les bons endroits sont précieux et il faut respecter les gens qui acceptent de les partager. Lorsqu'une personne nous fait suffisamment confiance pour nous montrer un secteur productif, on ne transforme pas automatiquement ses indications en coordonnées publiques.

La connaissance du territoire s'accompagne d'une responsabilité.

Cette confiance permet justement à une communauté de cueilleurs de continuer à échanger et à apprendre ensemble.
 
 

Près de 1 000 kilomètres pour mieux connaître un champignon

Si on regarde seulement la quantité de champignons récoltés, parcourir près de 1 000 kilomètres peut sembler excessif.

Mais ce serait complètement passer à côté de l'essentiel.

Nous ne sommes pas revenus uniquement avec des matsutakés.
Nous sommes revenus avec une meilleure compréhension des peuplements de pins gris.
Nous avons observé plusieurs habitats.
Nous avons vu le matsutaké à différents stades de maturité.
Nous avons rencontré de nouvelles plantes.
Nous avons récolté des bolets d'une qualité exceptionnelle.
Nous avons rencontré des passionnés.

Et surtout, nous avons transformé des connaissances théoriques en expérience réelle.

C'est beaucoup plus précieux qu'un panier de champignons.
 
 

Une petite leçon de préparation : vérifier son essence !

Évidemment, une aventure digne de ce nom doit aussi comporter quelques imprévus.

Sur le chemin du retour, Patrick et moi avons réussi à oublier un détail assez important avant de traverser un grand secteur isolé : vérifier la quantité d'essence dans la voiture.

Quand on se retrouve dans un parc ou une région où les distances entre les services sont importantes, ce genre d'oubli peut rapidement transformer une belle journée en problème sérieux.

Nous avons eu de la chance.

Une station-service se trouvait finalement à environ un kilomètre lorsque la situation est devenue préoccupante.

La morale est simple : lorsqu'on part cueillir dans une région éloignée, le panier n'est pas la seule chose à préparer.

Il faut vérifier l'essence, connaître son itinéraire, prévoir de l'eau et de la nourriture, avoir des vêtements adaptés et tenir compte du fait que le réseau cellulaire peut être limité.

La forêt est magnifique, mais les distances québécoises sont grandes.
 
 

Le Québec possède un territoire exceptionnel pour les cueilleurs

Cette expédition m'a encore rappelé à quel point le Québec est immense.

D'une région à l'autre, les paysages changent.

Les forêts changent.
Les plantes changent.
Les champignons changent.

Même lorsqu'on possède plusieurs années d'expérience, il suffit de parcourir quelques centaines de kilomètres pour retrouver des environnements qu'on connaît beaucoup moins.

C'est ce qui me passionne.

On peut passer une vie à apprendre les ressources sauvages du Québec sans avoir l'impression d'avoir terminé.

L'Abitibi m'a permis de voir des associations végétales différentes de celles auxquelles je suis habitué, d'observer la comptonie voyageuse en abondance, de rencontrer de grandes talles de raisin d'ours et, évidemment, de mieux comprendre le matsutaké associé aux peuplements de pins gris.

Chaque région devient une nouvelle classe.
 
 

Transformer l'expérience en connaissances transmissibles

Une des raisons pour lesquelles je filme ces voyages est justement de pouvoir transmettre cette expérience.

Tout le monde ne peut pas nécessairement parcourir 1 000 kilomètres pour aller étudier le matsutaké en Abitibi.

La vidéo permet donc de montrer les environnements.

Pas seulement les champignons.

C'est important.

Voir un beau matsutaké posé sur une table est intéressant, mais cela n'apprend pas nécessairement à le trouver.

Voir la mousse, les pins gris, les bleuets, la végétation basse et la structure générale du terrain apporte beaucoup plus d'informations à quelqu'un qui veut développer son œil de cueilleur.

C'est pour cette raison que j'aime montrer le cheminement complet.

Les arrêts qui fonctionnent.
Les endroits où on ne trouve presque rien.
Les découvertes imprévues.
Le nettoyage.
La transformation.

Tout cela fait partie de l'apprentissage.
 
 
Retirer les vers des champignons Matsutakés
Retirer les vers des champignons Matsutakés
 
 

Se créer des occasions pour apprendre

Au retour du voyage, une idée revenait constamment : il faut se créer des occasions.

Cette aventure aurait facilement pu rester un projet dont Patrick et moi parlions pendant des années.

À la place, on l'a fait.

On a choisi une région.
On a ciblé des environnements.
On a pris la route.
On a partagé les dépenses.
On a contacté des gens.
Et on est allés voir.

C'est une façon extrêmement efficace d'apprendre.

Il n'est pas nécessaire d'attendre de tout connaître avant de commencer. Il faut évidemment posséder les connaissances nécessaires pour pratiquer une cueillette sécuritaire, particulièrement lorsqu'il est question de champignons destinés à la consommation, mais il restera toujours quelque chose qu'on ne connaît pas.

L'expérience vient justement compléter la théorie.
 
 

De la cueillette à la transformation : valoriser réellement les ressources sauvages

Pour moi, une ressource sauvage ne prend pas toute sa valeur au moment où elle entre dans le panier.

La partie la plus importante vient souvent après.

Il faut nettoyer.
Trier.
Transformer.
Conserver.
Cuisiner.
Et finalement partager.

C'est parfois moins spectaculaire que de découvrir un immense matsutaké sous un pin gris, mais c'est ce travail qui permet réellement de profiter de la récolte.

Après avoir terminé le traitement des matsutakés et des bolets, d'autres récoltes m'attendaient déjà.

Les pommes, notamment.

C'est ça, travailler avec les ressources saisonnières : lorsqu'une récolte se termine, une autre commence.

Et même si le traitement représente parfois la partie la plus exigeante, c'est aussi celle qui permet de transformer quelques heures passées dans la forêt en nourriture et en expériences qui pourront durer plusieurs mois.
 
 
 

CONCLUSION

Cette aventure à la recherche du matsutaké en Abitibi aura été beaucoup plus qu'une simple cueillette de champignons.

Avec Patrick Villeneuve, nous sommes partis avec l'objectif de trouver ce champignon dans les peuplements de pins gris et de terminer la saison des grandes cueillettes avec une expérience différente. Nous sommes revenus avec des paniers remplis, mais surtout avec une quantité impressionnante de nouvelles connaissances.

Martin Constant et Steve Lagrange nous ont permis d'approfondir notre compréhension du territoire et je les remercie encore pour leur accueil, leurs conseils et leur générosité.

Cette expédition m'a également permis d'observer pour la première fois certaines ressources dans une abondance que je n'avais jamais rencontrée auparavant : la comptonie voyageuse, le raisin d'ours, différents environnements dominés par le pin gris et des bolets d'une qualité remarquable.

Mais la plus grande leçon demeure la même : pour apprendre, il faut aller voir.

Observer un peuplement forestier.
Comparer les sols.
Regarder les plantes.
Chercher les champignons.
Revenir dans les bons environnements.
Transformer les récoltes.
Goûter.
Et recommencer.


C'est comme ça qu'on façonne sa connaissance par l'expérience.

« On l'fait. »

Cette expression résume parfaitement notre voyage.

Nous voulions vivre une véritable cueillette de matsutakés en Abitibi. Nous avons pris la route et nous l'avons fait.

Et maintenant que je comprends beaucoup mieux ce champignon, son environnement et son potentiel de transformation, il reste encore énormément de choses à expérimenter.

Parce qu'en forêt, chaque réponse finit presque toujours par amener une nouvelle question.

Et c'est exactement pour ça qu'on y retourne.
 
 
 
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Ben Cormier (Tarzan) est formateur en PFNL (Produits forestiers non ligneux). Il est également collaborateur certifié de Jardinage Bricolage Autosuffisance Recyclage Québec.
 
Passionné de notre environnement ayant pour but de vous conscientiser sur les richesses de notre terroir qui est un garde manger et une pharmacie.

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