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ORTIE : BIENFAITS, VERTUS ET USAGES DE CETTE PLANTE MÉDICINALE

 
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Résumé de la vidéo et contenu inédit :
 
Mariko Blanchette (KokoRévolte), collaboratrice certifiée de Jardinage Bricolage Autosuffisance Recyclage Québec, est passionnée par la nature, les plantes médicinales, la mycologie, le jardinage et l’autosuffisance alimentaire. À travers ses expériences au jardin et en forêt, elle explore la culture des végétaux, la cueillette de champignons, les récoltes, la conservation et les nombreuses ressources que la nature québécoise peut nous offrir gratuitement. Dans ses capsules et ses articles, elle partage ses trucs, ses réussites, mais aussi ses essais et ses erreurs, avec une approche simple, naturelle et accessible basée sur l’observation, l’expérimentation et le respect du vivant.
 
 
Dans cette vidéo, Mariko Blanchette (KokoRévolte) nous fait découvrir l’ortie, une plante médicinale et comestible aux nombreux usages traditionnels. Elle explique comment reconnaître l’ortie et pourquoi ses fameux poils urticants nécessitent quelques précautions lors de la cueillette. Elle présente ses qualités nutritionnelles, ses principaux bienfaits et ses utilisations en herboristerie. Mariko partage également ses conseils pratiques pour récolter les feuilles d’ortie au bon moment, les faire sécher et les utiliser. Une découverte complète de l’ortie pour mieux connaître cette plante sauvage remarquable.
 
 
 
 
Contenu de l'article de la vidéo :
 
 

Découvrir l’ortie, ses bienfaits, sa cueillette et ses utilisations

 

L’ortie : plante médicinale, comestible et nutritive à découvrir

Bien bonjour, merveille de la vie! Aujourd’hui, je veux te parler d’une plante que j’affectionne particulièrement : l’ortie. Une plante qu’on connaît souvent d’abord parce qu’elle pique, mais qui mérite vraiment qu’on s’y intéresse davantage.

L’ortie, principalement la grande ortie (Urtica dioica), est à la fois une plante sauvage comestible et une plante utilisée traditionnellement en herboristerie. Elle pousse généreusement dans plusieurs régions et peut former de grandes colonies. Lorsqu’on apprend à bien la reconnaître, à la cueillir au bon moment et à la manipuler correctement, elle devient une plante extrêmement intéressante à avoir dans son répertoire.

Quand je tombe sur un beau « spot » d’orties où il y en a partout, pour moi, c’est presque le paradis! C’est une plante abondante, polyvalente et nutritive qu’on peut récolter pour la cuisine ou faire sécher pour différents usages.
 
 
L'Ortie une plante indigène du Québec
L'Ortie une plante indigène
 

Comment reconnaître l’ortie?

Avant toute cueillette sauvage, la première règle est toujours la même : il faut être absolument certain de l’identification de la plante.

La grande ortie est une plante vivace qui peut dépasser largement 60 cm lorsqu’elle arrive à maturité. Lors de ma cueillette, les plants que je vous montre mesuraient environ 60 cm et approchaient de leur période de floraison.

Les feuilles de l’ortie poussent de façon opposée sur la tige. Elles sont généralement ovales à lancéolées, terminées par une pointe et possèdent des bordures fortement dentées. La plante est d’un beau vert et sa tige est dressée.

Mais son caractère le plus célèbre demeure évidemment ses poils urticants.

On trouve ces petits poils sur différentes parties de la plante, notamment sur la tige et les feuilles. Au contact de la peau, ils peuvent provoquer rapidement des picotements, des rougeurs et une sensation de brûlure. Voilà pourquoi je recommande de porter des gants lorsqu’on commence à cueillir l’ortie.

Avec l’expérience, certaines personnes arrivent à manipuler les plants avec davantage de précision, mais ce n’est vraiment pas nécessaire de se compliquer la vie : une bonne paire de gants permet de récolter tranquillement sans transformer la cueillette en expérience mémorable pour les mauvaises raisons!
 
 

Pourquoi l’ortie pique-t-elle?

Les poils urticants de l’ortie constituent un mécanisme de défense de la plante. Ils sont particulièrement fragiles et peuvent se briser lorsqu’on les touche.

C’est cette interaction avec la peau qui provoque la réaction caractéristique de l’ortie. L’intensité et la durée de l’irritation varient d’une personne à l’autre et selon l’importance du contact.

Il existe d’ailleurs une ancienne pratique appelée urtication qui consistait à appliquer volontairement de l’ortie fraîche sur certaines régions douloureuses. Dans la tradition populaire, notamment pour les articulations, certaines personnes se frottaient les mains avec des orties et ressentaient ensuite une modification temporaire de leur douleur.

Je vous raconte cela parce que ça fait partie de l’histoire des usages de cette plante, mais ce n’est évidemment pas une invitation à vous fouetter les mains avec des orties! Une pratique traditionnelle n’est pas automatiquement un traitement médical démontré, et les réactions cutanées peuvent être importantes chez certaines personnes.
 
 

L’ortie est-elle une plante médicinale?

Oui, l’ortie possède une longue histoire d’utilisation comme plante médicinale traditionnelle. Ses feuilles, ses parties aériennes et ses racines ont été employées en phytothérapie, mais pas nécessairement pour les mêmes usages.

Les parties aériennes de l’ortie ont notamment été utilisées traditionnellement pour favoriser l’élimination urinaire et comme complément dans certaines problématiques articulaires. Les préparations à base de racine d’ortie sont quant à elles surtout connues en phytothérapie pour certains symptômes urinaires associés à l’hypertrophie bénigne de la prostate.

Il est toutefois important de garder une distinction entre les usages traditionnels d’une plante, sa composition nutritionnelle et les effets médicaux qui ont été démontrés scientifiquement.

L’ortie peut être une plante très intéressante sans avoir besoin de lui attribuer la capacité de tout guérir.

Dans ma façon de voir les plantes sauvages, l’intérêt se trouve justement dans cette combinaison entre l’observation de la nature, les connaissances traditionnelles, l’alimentation et ce que la recherche moderne nous permet maintenant de mieux comprendre.
 
 

Une plante sauvage particulièrement nutritive

L’une des grandes qualités de l’ortie est sa richesse nutritionnelle.

Ses feuilles contiennent notamment des minéraux, des vitamines, des composés phénoliques et différents pigments végétaux. On y retrouve entre autres du calcium, du potassium, du magnésium, du fer et du manganèse, ainsi que des caroténoïdes précurseurs de la vitamine A.

L’ortie peut également contenir de la vitamine C, de la vitamine E et différentes vitamines du groupe B. Les concentrations exactes peuvent toutefois varier énormément selon le sol, l’âge de la plante, la période de récolte et la façon dont elle est préparée.

On entend parfois dire que l’ortie contient plusieurs fois plus de vitamine C qu’une orange. Ce genre de comparaison doit être interprété avec prudence, parce que les valeurs changent selon qu’on compare une plante fraîche, séchée ou une quantité équivalente de matière. Ce qu’il faut surtout retenir, c’est que les jeunes feuilles d’ortie constituent un aliment sauvage particulièrement intéressant sur le plan nutritionnel.

Elle contient également de la silice et différents composés antioxydants.

C’est pour toutes ces raisons que j’aime la considérer comme un véritable tonique nutritionnel à intégrer à l’alimentation plutôt que comme une plante miracle destinée à remplacer une alimentation équilibrée ou un supplément prescrit lorsqu’il est nécessaire.
 
 

L’ortie peut-elle remplacer une multivitamine?

Dans la vidéo, je vous parle de l’ortie avec énormément d’enthousiasme et je la présente presque comme ma « multivitamine » sauvage.

Il faut comprendre l’idée derrière cette expression : l’ortie rassemble effectivement une diversité remarquable de nutriments dans une seule plante. Par contre, elle ne doit pas être considérée littéralement comme un remplacement garanti d’un supplément multivitaminé.

Les besoins nutritionnels diffèrent énormément d’une personne à l’autre. Une carence diagnostiquée en vitamine ou en minéral peut nécessiter un apport précis qu’une consommation d’ortie ne permettra pas nécessairement de fournir.

Par contre, lorsqu’elle est consommée dans le cadre d’une alimentation diversifiée, l’ortie constitue certainement une façon intéressante d’ajouter des végétaux sauvages riches en nutriments à son alimentation.

Et pour moi, c’est déjà extraordinaire.
 
 
Feuille d'Ortie
Feuille d'Ortie
 

L’ortie est-elle diurétique?

L’utilisation de l’ortie pour favoriser l’élimination urinaire fait partie de ses usages traditionnels les mieux connus.

On retrouve d’ailleurs des préparations d’ortie dans différents produits d’herboristerie destinés à augmenter le volume urinaire. Cette propriété explique pourquoi elle est souvent décrite comme une plante diurétique traditionnelle.

Par contre, l’expression populaire voulant qu’une plante « nettoie le foie » ou « détoxifie » l'organisme mérite d’être nuancée. Notre foie et nos reins assurent déjà continuellement différentes fonctions d’élimination et de transformation des substances présentes dans notre organisme.

L’intérêt de l’ortie ne dépend donc pas d’une prétendue cure miracle de détoxification. Ses qualités nutritionnelles et ses usages traditionnels sont déjà suffisamment intéressants.
 
 

Quand cueillir l’ortie?

Le meilleur moment pour récolter dépend surtout de ce qu’on veut en faire.

Si votre objectif est de manger l’ortie comme légume sauvage, j’aime particulièrement les jeunes pousses du printemps. Elles sont tendres et agréables à cuisiner.

On récolte généralement les jeunes feuilles et les extrémités des pousses avant la floraison. Plus la plante avance dans sa croissance, plus sa texture change et plus elle devient fibreuse.

Dans la vidéo, ma cueillette se déroule vers la mi-juillet. Les plants approchent de la floraison, mais plusieurs sommités sont encore intéressantes pour être récoltées et séchées.

Pour une utilisation culinaire où l’on recherche avant tout la tendreté, je privilégierais donc le printemps et les jeunes pousses. Pour faire sécher des feuilles destinées à certains usages traditionnels ou culinaires, la période de récolte peut être un peu plus longue, tout en privilégiant généralement les parties aériennes en bon état avant ou au début de la floraison.
 
 

Comment cueillir l’ortie sans se faire piquer?

La méthode la plus simple reste de porter des gants.

Dans mon cas, lorsque je connais bien la plante, je peux saisir et plier délicatement une partie de la tige afin de récolter la sommité. Mais pour quelqu’un qui commence, les gants sont vraiment la meilleure solution.

Vous pouvez utiliser des ciseaux ou un petit sécateur propre pour couper les jeunes extrémités. Cela permet d’obtenir une récolte propre et de manipuler beaucoup moins la plante.

J’aime particulièrement récolter les sommités, c’est-à-dire les parties supérieures portant les feuilles les plus intéressantes.

Après une coupe, l’ortie est capable de produire de nouvelles pousses à partir des nœuds situés plus bas. C’est une plante vigoureuse qui peut continuer à se développer après une récolte raisonnable.

Cela ne signifie pas qu’il faut tout prendre.

Même lorsqu’une plante est extrêmement abondante, je préfère toujours pratiquer une cueillette respectueuse. On récolte ce dont on a besoin, on laisse une partie des plants poursuivre leur développement et on évite d’arracher inutilement les rhizomes lorsqu’on souhaite simplement obtenir les feuilles.
 
 

Une plante qui se multiplie rapidement

Lorsqu’on trouve une colonie d’orties bien installée, on comprend rapidement pourquoi cette plante peut devenir aussi abondante.

La grande ortie est vivace et se propage notamment grâce à ses rhizomes souterrains. Elle peut donc former des colonies denses couvrant une superficie importante.

C’est exactement ce qui rend certaines découvertes si intéressantes pour la cueillette : lorsqu’on arrive dans un endroit où l’ortie est déjà extrêmement abondante, il est possible d’effectuer une belle récolte sans compromettre la population.

Mais l’abondance ne dispense jamais d’observer son environnement.

Avant de cueillir, je vérifie toujours si la colonie est suffisamment importante, si les plants semblent en santé et si le lieu convient réellement à une récolte destinée à la consommation.
 
 
 
 

Où ne faut-il pas récolter l’ortie?

C’est une précaution essentielle lorsqu’on cueille des plantes sauvages.

Il vaut mieux éviter les bords de routes très fréquentées, les terrains potentiellement contaminés, les endroits ayant reçu des pesticides ou herbicides, les anciennes zones industrielles et les lieux exposés à des sources de pollution.

Une plante magnifique n’est pas nécessairement une plante propre à consommer simplement parce qu’elle pousse dans la nature.

Il faut également respecter la propriété des terrains et les règlements applicables à la cueillette dans les différents territoires.

Trouver une énorme talle d’orties est merveilleux. Trouver une énorme talle d’orties dans un environnement sain et où la récolte est permise, c’est encore mieux.
 
 
Peuplement d'Orties
Peuplement d'Orties
 

Que faire avec l’ortie après la cueillette?

Une fois notre belle cueillette terminée, il faut rapidement décider ce qu’on veut faire avec les orties. On peut les consommer relativement fraîches, les cuisiner ou les faire sécher pour les conserver beaucoup plus longtemps.

Dans mon cas, après cette belle récolte de mi-juillet, mon objectif est surtout de faire sécher les feuilles. C’est une excellente façon de conserver cette plante et d’en profiter plus tard.

Avant toute chose, je trie ma récolte. J’enlève les parties abîmées, jaunies ou suspectes ainsi que les autres végétaux qui auraient pu se retrouver accidentellement avec les orties.

Une bonne identification reste importante même après la cueillette. Lorsqu’on récolte plusieurs plantes dans une végétation dense, une autre espèce peut facilement se glisser dans notre panier.
 
 

Faut-il laver les orties avant de les faire sécher?

La question revient souvent avec les plantes sauvages.

Si les orties ont été récoltées dans un endroit propre et qu’elles sont exemptes de terre ou de saletés visibles, certains cueilleurs préfèrent limiter le lavage avant le séchage. L’humidité supplémentaire ralentit le processus et peut favoriser le développement de moisissures si le séchage n’est pas suffisamment rapide.

Si vous choisissez de les laver, rincez-les soigneusement à l’eau fraîche, égouttez-les et retirez le maximum d’humidité avant de commencer le séchage.

L’important est surtout de ne jamais entreposer une plante encore humide dans un contenant fermé.

Une plante médicinale ou alimentaire mal séchée peut se détériorer rapidement. Si vous remarquez une odeur anormale, des traces de moisissure ou une coloration suspecte pendant l’entreposage, mieux vaut ne pas la consommer.
 
 

Comment faire sécher les feuilles d’ortie?

Le séchage est probablement l’une des façons les plus simples de conserver une belle récolte d’orties.

On peut étendre les feuilles et les sommités en une couche relativement mince sur une claie ou un support permettant une bonne circulation d’air. L’endroit idéal est sec, bien ventilé et protégé de la lumière directe du soleil.

Une chaleur excessive et une exposition prolongée au soleil peuvent altérer certaines qualités de la plante. Je préfère donc un séchage relativement doux.

On peut également utiliser un déshydrateur à basse température. Peu importe la méthode choisie, l’objectif demeure le même : retirer suffisamment d’humidité pour permettre une conservation sécuritaire.

Les feuilles doivent devenir sèches et friables. Les petites tiges devraient casser plutôt que simplement plier.

Lorsque tout est parfaitement sec, on peut conserver l’ortie dans un contenant hermétique, idéalement à l’abri de la lumière, de la chaleur et de l’humidité.

Et n’oubliez pas d’identifier votre contenant avec le nom de la plante et la date de récolte. Quand on commence à cueillir plusieurs plantes sauvages, les petits pots peuvent s’accumuler rapidement!
 
 

Comment neutraliser les poils urticants de l’ortie?

Voilà probablement la question que se pose toute personne qui découvre que l’ortie est comestible : comment peut-on manger une plante qui pique?

Heureusement, les poils urticants perdent leur capacité à piquer lorsqu’ils sont correctement neutralisés.

La cuisson est l’une des méthodes les plus simples. On peut blanchir les feuilles brièvement dans l’eau bouillante, les cuire à la vapeur ou les incorporer directement à une préparation chaude.

Le séchage permet également de rendre l’ortie beaucoup plus facile à manipuler.

Pour certaines préparations crues, un broyage très minutieux peut briser les poils urticants, mais lorsqu’on débute avec l’ortie, je trouve beaucoup plus simple et prudent de privilégier la cuisson.

Une salade remplie de grandes feuilles d’ortie fraîche intactes n’est donc vraiment pas l’idée que je recommande!

Si on souhaite expérimenter des préparations crues, il faut savoir exactement comment neutraliser les poils et privilégier les très jeunes feuilles.
 
 

Comment manger l’ortie?

En cuisine, l’ortie peut être utilisée un peu comme certains légumes-feuilles.

Une fois cuite, elle peut entrer dans la préparation de potages, soupes, sauces, omelettes, quiches, pâtes, farces ou pestos. On peut également l’intégrer à différentes recettes où l’on utiliserait normalement des épinards ou d’autres légumes verts.

Les jeunes pousses printanières sont particulièrement intéressantes pour cet usage parce qu’elles sont plus tendres.

Un potage d’ortie constitue probablement l’une des meilleures façons de découvrir cette plante. On peut faire revenir un peu d’oignon, ajouter des pommes de terre et du bouillon, puis incorporer les jeunes feuilles d’ortie avant de réduire le tout en potage.

C’est simple et ça permet réellement de découvrir l’ortie comme aliment plutôt que seulement comme cette fameuse mauvaise herbe qui nous pique les jambes!
 
 

Peut-on faire une tisane d’ortie?

Oui. Les feuilles d’ortie séchées sont traditionnellement utilisées en infusion.

Une fois les feuilles parfaitement séchées, on peut les conserver et en utiliser une petite quantité pour préparer une infusion. La concentration et la fréquence de consommation dépendent toutefois de l’utilisation recherchée et de la situation de chaque personne.

Je préfère donc éviter de présenter une dose universelle qui conviendrait automatiquement à tout le monde.

Une tisane n’est pas nécessairement anodine simplement parce qu’elle provient d’une plante. Lorsqu’on souhaite utiliser régulièrement l’ortie dans un objectif thérapeutique, particulièrement lorsqu’on prend des médicaments ou qu’on souffre d’une maladie chronique, il est préférable de vérifier auprès d’un professionnel de la santé compétent.
 
 

Les différentes parties de l’ortie ont-elles les mêmes utilisations?

Non, et c’est un détail important lorsqu’on s’intéresse aux plantes médicinales.

Les feuilles et les parties aériennes constituent généralement ce que le cueilleur remarque et récolte en premier. Elles sont utilisées comme aliment et dans différentes préparations traditionnelles.

La racine possède toutefois une composition différente et a fait l’objet d’autres usages en phytothérapie, particulièrement concernant certains symptômes urinaires associés à l’hypertrophie bénigne de la prostate.

Il ne faut donc pas considérer « l’ortie » comme un seul produit ayant exactement les mêmes propriétés, peu importe la partie utilisée.

C’est une règle qui s’applique d’ailleurs à énormément de plantes médicinales : la feuille, la fleur, le fruit, l’écorce et la racine peuvent contenir des composés différents et avoir des utilisations complètement différentes.
 
 
Présence de poils sur l'Ortie
Présence de poils sur l'Ortie
 

L’ortie est-elle bonne pour les articulations?

L’utilisation de l’ortie pour les articulations possède une longue histoire dans la médecine traditionnelle.

Comme je vous le racontais, une ancienne pratique consistait même à appliquer volontairement des orties fraîches sur une articulation douloureuse. La réaction provoquée par les poils urticants entraînait une irritation temporaire importante de la peau.

Des recherches se sont intéressées à l’ortie et à certains de ses composés dans le contexte de l’inflammation et des douleurs articulaires. Cela ne permet toutefois pas d’affirmer que l’ortie guérit l’arthrite ou qu’elle remplace les traitements médicaux disponibles.

Je trouve justement plus intéressant de raconter les traditions pour ce qu’elles sont et de regarder ensuite ce que la science arrive réellement à confirmer.

Nos grands-mères possédaient énormément de connaissances pratiques sur les plantes. Certaines ont trouvé des explications scientifiques avec le temps, d’autres restent encore à étudier et certaines pratiques ont été abandonnées.
 
 

L’ortie stimule-t-elle le système immunitaire?

L’ortie contient plusieurs nutriments et composés végétaux participant au fonctionnement normal de l’organisme. Elle apporte notamment différents minéraux, vitamines et composés antioxydants.

Il serait cependant exagéré de promettre qu’une consommation d’ortie va à elle seule « renforcer » ou « stimuler » le système immunitaire au point de prévenir les maladies.

Notre système immunitaire est extrêmement complexe et dépend notamment de notre alimentation générale, de notre sommeil, de notre état de santé et de nombreux autres facteurs.

L’intérêt nutritionnel de l’ortie demeure néanmoins bien réel : elle peut simplement faire partie d’une alimentation variée comprenant de nombreux végétaux.
 
 

L’ortie est-elle vraiment une mauvaise herbe?

Voilà une question que j’adore.

Une mauvaise herbe est souvent simplement une plante qui pousse là où quelqu’un ne veut pas qu’elle pousse.

L’ortie peut effectivement devenir envahissante dans certaines parties du jardin en raison de ses rhizomes et de sa capacité à former des colonies. Si elle s’installe au mauvais endroit, son contrôle peut demander un certain travail.

Mais lorsqu’on change notre façon de la regarder, cette plante qu’on voulait éliminer peut devenir une ressource.

Elle est comestible, nutritive, utilisée traditionnellement en herboristerie et intéressante pour certains insectes. Plusieurs espèces de papillons utilisent notamment les orties comme plantes hôtes pour leurs chenilles.

Elle peut donc participer à la biodiversité d’un milieu.

C’est exactement ce que j’aime dans l’observation des plantes sauvages : apprendre à regarder autrement ce qui pousse autour de nous.
 
 

L’ortie au jardin et au compost

Même lorsqu’on ne souhaite pas la manger, l’ortie peut être utile au jardin.

Ses parties végétatives constituent une matière riche en azote pouvant être ajoutée au compost. Comme pour les autres matières vertes, il est préférable de les équilibrer avec des matières riches en carbone, comme des feuilles mortes ou d’autres matières sèches.

Les jardiniers connaissent également le fameux purin d’ortie, une préparation fermentée réalisée avec de l’eau et des orties. Il est traditionnellement employé au jardin comme préparation fertilisante.

Il faut toutefois éviter de considérer le purin d’ortie comme un produit miracle capable de résoudre tous les problèmes du potager. Sa composition varie énormément selon la quantité de plantes, la durée de fermentation, la température et la dilution utilisée.

L’ortie reste néanmoins une ressource végétale intéressante lorsqu’elle pousse déjà abondamment sur un terrain.
 
 

Pourquoi laisser des orties après la récolte?

Même devant une immense colonie, j’aime toujours en laisser.

La cueillette sauvage responsable consiste à prendre seulement une partie de ce que la nature nous offre. On laisse suffisamment de plantes pour poursuivre leur cycle et pour les organismes qui en dépendent.

Lorsqu’on récolte seulement les sommités, la plante peut généralement produire de nouvelles pousses latérales. C’est une façon beaucoup moins perturbatrice de récolter les feuilles que d’arracher complètement les plants avec leurs rhizomes.

Et surtout, il n’est pas nécessaire de remplir dix sacs simplement parce qu’on vient de trouver une énorme talle!

On récolte en fonction de nos besoins et de notre capacité réelle à transformer correctement ce qu’on ramasse.
 
 

Quelles sont les précautions à prendre avec l’ortie?

Le premier risque demeure évidemment l’irritation provoquée par les poils urticants de la plante fraîche. Portez des gants pour la récolte, particulièrement lorsque vous commencez.

Il faut ensuite être certain de l’identification avant toute consommation.

Lorsqu’on souhaite utiliser l’ortie régulièrement comme plante médicinale plutôt que simplement comme aliment occasionnel, certaines précautions supplémentaires s’imposent.

Son effet diurétique traditionnel peut notamment être pertinent lorsqu’une personne prend déjà certains médicaments ou présente des problèmes rénaux, cardiaques ou de tension artérielle. Des interactions sont possibles selon les traitements utilisés.

Les femmes enceintes ou qui allaitent devraient également demander conseil à un professionnel avant d’utiliser des préparations médicinales concentrées d’ortie.

Et si vous prenez des médicaments, la meilleure approche consiste simplement à vérifier les interactions possibles auprès d’un pharmacien ou d’un professionnel de la santé avant d’adopter une consommation thérapeutique régulière.

« Naturel » ne signifie jamais automatiquement « sans précaution ».
 
 
Récolter les Orties
Récolter les Orties
 

Apprendre à connaître les plantes avant de vouloir les utiliser

C’est probablement l’un des messages les plus importants que je veux transmettre.

Quand on commence à découvrir les plantes sauvages, on peut rapidement devenir enthousiaste. Tout à coup, on réalise que ce qu’on considérait comme des mauvaises herbes possède une histoire, des utilisations et parfois même une valeur alimentaire.

Mais il faut prendre le temps d’apprendre.

On observe la plante. On regarde la tige. On examine le dessus et le dessous des feuilles. On vérifie comment les feuilles sont disposées. On regarde les fleurs lorsqu’elles sont présentes. On étudie son habitat et son mode de croissance.

Et seulement lorsqu’on possède une identification certaine, on envisage la récolte et la consommation.

C’est cette connaissance qui transforme une promenade en forêt ou dans un champ en véritable exploration.
 
 

Une abondance qu’on apprend à regarder autrement

Cette récolte d’orties m’a particulièrement fait plaisir parce que j’avais déjà observé plusieurs endroits où la plante poussait, mais rarement une population aussi importante.

Il y en avait vraiment partout.

Quand on trouve une telle abondance, on réalise à quel point certaines ressources sont présentes autour de nous sans qu’on les remarque.

Pendant longtemps, quelqu’un peut passer à côté d’une talle d’orties et voir seulement une plante piquante à éviter. Une fois qu’on apprend à la connaître, le même endroit devient une source de nourriture, une plante traditionnelle, une ressource pour le jardin et un milieu de vie pour différents insectes.

C’est exactement cette relation avec la nature que j’aime développer : observer avant d’arracher, identifier avant de consommer et comprendre avant de juger qu’une plante est inutile.
 
 

CONCLUSION

L’ortie (Urtica dioica) est probablement l’un des meilleurs exemples d’une plante sauvage dont la réputation ne raconte qu’une petite partie de l’histoire.

Oui, elle pique. Ses minuscules poils urticants peuvent nous faire passer un mauvais quart d’heure si on la manipule sans précaution. Mais derrière ce mécanisme de défense se cache une plante sauvage comestible, nutritive et utilisée depuis longtemps dans différentes traditions d’herboristerie.

Ses jeunes feuilles peuvent être cuisinées comme légume, intégrées à des potages, des sauces et différentes recettes. Les feuilles peuvent également être séchées et conservées pour préparer notamment des infusions. L’ortie apporte plusieurs minéraux, vitamines et composés végétaux intéressants.

Elle possède également une longue histoire comme plante médicinale traditionnelle, particulièrement pour ses usages diurétiques et pour certaines utilisations associées aux articulations. Cela ne signifie pas qu’elle guérit toutes les maladies qu’on lui attribue ni qu’elle doit remplacer un traitement médical. Une plante peut être extraordinaire sans avoir besoin d’en faire une plante miracle.

Pour moi, l’ortie représente surtout quelque chose de beaucoup plus grand : apprendre à reconnaître la richesse qui pousse déjà autour de nous.

Si vous découvrez une belle colonie d’orties dans un environnement sain, prenez le temps de l’observer. Regardez ses feuilles dentées, sa tige, ses fameux poils urticants et sa façon de pousser en colonie. Apprenez à la reconnaître avec certitude.

Puis, si les conditions permettent une cueillette responsable, mettez vos gants, récoltez seulement ce dont vous avez besoin et laissez-en suffisamment pour que la colonie et la biodiversité qui l’entoure continuent leur chemin.

Parce qu’une fois qu’on connaît réellement l’ortie, on ne regarde plus jamais cette plante de la même façon.
 
 
 
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Mariko Blanchette (KokoRévolte) est passionnée de nature, de plantes médicinales, de mycologie, de jardinage et d’autosuffisance alimentaire. Elle s’intéresse particulièrement à la cueillette de champignons, aux récoltes, à la conservation et aux nombreuses ressources que la forêt québécoise peut nous offrir. Elle partage ses expériences, ses trucs et ses connaissances avec une approche simple, naturelle et accessible, basée sur l’observation, l’expérimentation et le respect du vivant, à titre de collaboratrice certifiée de Jardinage Bricolage Autosuffisance Recyclage Québec.
 
 
 
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