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PLANTES INDIGÈNES
Le
Penstemon digitalis |
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Résumé de la vidéo et
contenu inédit
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Sylvie Beaulieu (La Sylphe des Prairies), collaboratrice
certifiée de Jardinage Bricolage Autosuffisance
Recyclage Québec, est passionnée de nature, de flore
indigène, d’insectes, d’herboristerie et de plantes
médicinales. Avec son conjoint, elle a créé Prairie
Boussole, une prairie de près de 10 000 pi² regroupant
près d’une centaine d’espèces indigènes. À travers ses
capsules et ses articles, elle partage ses connaissances
sur les plantes indigènes, leur rôle écologique et leurs
usages, tout en sensibilisant à la préservation de la
biodiversité et de notre patrimoine végétal. |
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Dans cette vidéo, Sylvie Beaulieu - La Sylphe des
Prairies
nous présente le Penstemon digitalis, une magnifique
vivace nord-américaine particulièrement appréciée des
pollinisateurs. Elle explique son expérience de culture
à partir de semences et son implantation dans ses
jardins et sa prairie. Cette plante aux fleurs
tubulaires blanches attire notamment les abeilles et
peut également intéresser les colibris. Résistante et
adaptable, elle peut pousser dans différents types de
sols et tolérer des périodes sèches une fois établie.
Sylvie partage ses observations et ses conseils pour
intégrer cette remarquable plante de prairie dans un
jardin écologique. |
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Contenu de l'article de
la vidéo : |
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Août 2026 : |
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Penstemon digitalis (grande bergeronnette) :
une vivace nord-américaine remarquable pour les
pollinisateurs
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Découvrir le Penstemon digitalis, une plante de
prairie aussi belle qu’utile
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Quand on commence à s’intéresser aux plantes de prairie
et aux végétaux indigènes d’Amérique du Nord, on
découvre rapidement tout un univers de plantes
magnifiques qui sont encore peu connues dans nos
jardins. Le Penstemon digitalis fait assurément partie
de ces belles découvertes. Avec ses tiges élancées, ses
fleurs tubulaires blanches légèrement teintées de rose
ou de mauve et son incroyable pouvoir d’attraction sur
les pollinisateurs, il mérite vraiment qu’on lui fasse
une place au jardin.
Je voulais d’ailleurs commencer mes capsules sur les
plantes que nous avons décidé d’installer dans nos
jardins et dans notre future prairie avec cette espèce.
Notre prairie est encore toute jeune : plusieurs des
plantes qui s’y trouvent sont à leur première année et
sont donc encore toutes petites. Le Penstemon digitalis,
lui, a une petite longueur d’avance.
J’ai démarré mes premiers plants à partir de semences
durant l’hiver 2025, puis je les ai installés au jardin
durant l’été suivant. Les plants que j’observe
aujourd’hui en sont donc à leur deuxième année. Et c’est
justement très gratifiant lorsqu’on part une plante de
la graine de la voir éventuellement devenir une grande
vivace couverte de fleurs et fréquentée par une
multitude de pollinisateurs. |
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Sylvie Beaulieu présente ses Penstemon digitalis |
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Penstemon digitalis, grande bergeronnette ou
langue-de-barbe blanche?
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Le nom scientifique de cette plante est Penstemon
digitalis. En français, on rencontre notamment les noms
grande bergeronnette et penstémon digital, ainsi que le
nom langue-de-barbe blanche.
C’est d’ailleurs un excellent exemple de l’importance
des noms scientifiques lorsqu’on s’intéresse aux
plantes. Une même espèce peut porter plusieurs noms
communs selon les régions, les pépinières, les ouvrages
ou les personnes qui en parlent. Si une personne utilise
« grande bergeronnette » et une autre « langue-de-barbe
blanche », on pourrait facilement croire qu’il s’agit de
deux plantes différentes.
Avec Penstemon digitalis, il n’y a plus d’ambiguïté. Le
nom botanique permet aux jardiniers, producteurs,
semenciers et passionnés de plantes de savoir exactement
de quelle espèce il est question.
Le genre Penstemon comprend d’ailleurs un très grand
nombre d’espèces nord-américaines. Je dois avouer que
j’ai vraiment un faible pour ces plantes. J’adore leurs
fleurs en forme de petites cloches ou de tubes. Elles
apportent énormément de délicatesse et de douceur dans
un aménagement. |
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Une plante nord-américaine, mais pas indigène du
Québec
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Il faut apporter ici une précision importante lorsqu’on
parle de plante indigène. Le Penstemon digitalis est
originaire d’Amérique du Nord et son aire naturelle se
trouve principalement aux États-Unis. Il ne faut donc
pas le présenter comme une plante indigène du Québec
simplement parce qu’il appartient à la flore
nord-américaine.
Cela ne l’empêche absolument pas d’être extrêmement
intéressante dans nos jardins québécois. Au contraire,
son adaptation à notre climat, sa rusticité et surtout
son intérêt pour les pollinisateurs en font une plante
de choix dans un aménagement écologique ou une prairie
fleurie.
Chez nous, nous avons justement décidé de l’introduire
volontairement dans les jardins puis dans notre prairie.
C’est une façon d’ajouter de la diversité végétale tout
en offrant de nouvelles ressources alimentaires aux
insectes qui fréquentent le terrain. |
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Une floraison blanche particulièrement délicate
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Le Penstemon digitalis produit des tiges florales
dressées portant de nombreuses fleurs tubulaires. Les
fleurs paraissent principalement blanches, mais
lorsqu’on les regarde attentivement, on peut remarquer
près de la tige et à certains endroits de la corolle de
délicates nuances rosées ou légèrement mauves.
C’est ce contraste que j’aime particulièrement. La
plante possède une structure très verticale et assez
robuste, mais elle porte au sommet une floraison qui
semble beaucoup plus légère et délicate.
Cette combinaison donne une plante qui se remarque sans
être lourde visuellement. Elle peut donc très bien être
intégrée à une plate-bande plus traditionnelle, à un
jardin naturaliste ou à une véritable prairie fleurie. |
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Quelle hauteur peut atteindre le Penstemon
digitalis?
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C’est une vivace qui peut devenir assez haute. Dans de
bonnes conditions, ses tiges florales peuvent approcher
1,5 mètre. Malgré cette hauteur, elle ne prend pas
énormément de largeur et conserve une silhouette
relativement verticale.
Cette caractéristique est intéressante lorsqu’on cherche
à créer différentes strates de végétation. On peut
installer des plantes basses à son pied et profiter de
ses fleurs plus hautes pour donner du mouvement au
jardin.
La hauteur peut toutefois varier selon les conditions de
culture. Un plant récemment transplanté sera
généralement plus petit qu’un sujet installé depuis
quelques années. La richesse du sol, l'humidité, la
lumière et surtout la compétition avec les végétaux
voisins peuvent également modifier son port.
J’en ai justement fait l’observation chez nous. Les
plants transférés dans la prairie au début de l’été sont
encore moins hauts que ceux du jardin. C’est tout à fait
normal puisqu’ils viennent d’être déplacés et doivent
d’abord consacrer une partie de leur énergie à leur
enracinement.
À l’inverse, certains plants entourés d’une végétation
plus compétitive peuvent chercher davantage la lumière
et produire des tiges plus hautes. |
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Des tiges étonnamment résistantes au vent
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Un autre aspect que j’apprécie beaucoup chez le
Penstemon digitalis est la solidité de ses tiges.
Chez nous, le vent peut être assez présent. Certaines
grandes vivaces ont tendance à s’affaisser ou à se
coucher lorsqu’elles atteignent leur pleine hauteur,
particulièrement après une pluie abondante accompagnée
de rafales.
Le Penstemon digitalis m’a agréablement surprise. Ses
tiges demeurent bien dressées malgré le vent. On obtient
donc cette belle structure verticale solide surmontée
d’une floraison beaucoup plus douce.
Cette résistance peut permettre de l’utiliser sans
nécessairement avoir recours à un tuteurage dans des
conditions normales. Comme toujours avec les grandes
vivaces, un emplacement extrêmement exposé ou un sol
excessivement riche pouvant favoriser des tiges
anormalement longues peut cependant modifier le
comportement de la plante. |
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Une vivace de prairie qui attire abeilles et
pollinisateurs |
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Une véritable plante à pollinisateurs
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C’est probablement l'une des qualités les plus
impressionnantes du Penstemon digitalis : lorsqu’il
fleurit, les pollinisateurs finissent par le découvrir
et peuvent alors le fréquenter intensément.
Avant de le cultiver, j’avais lu dans les descriptions
de semences qu’il attirait beaucoup les pollinisateurs.
Mais il y a une différence énorme entre lire cette
information et l’observer directement dans son propre
jardin.
C’est là que l’expérience devient vraiment intéressante.
À proximité, nous avons également un autre penstémon,
Penstemon hirsutus. Celui-ci possède de petites fleurs
tubulaires aux tons davantage mauves. J’avais observé de
gros pollinisateurs travailler avec insistance autour de
ses fleurs afin d’accéder au nectar.
Puis le Penstemon digitalis s’est mis à fleurir.
Au début, les insectes continuaient de fréquenter
principalement le Penstemon hirsutus. Il leur a fallu
quelques jours avant de découvrir cette nouvelle source
de nourriture. Ensuite, le changement a été
spectaculaire : les visiteurs se sont mis à fréquenter
abondamment le Penstemon digitalis.
Le phénomène était d’autant plus intéressant que la
floraison du Penstemon hirsutus commençait à décliner.
Le Penstemon digitalis prenait donc progressivement la
relève. |
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Échelonner les floraisons pour nourrir les
pollinisateurs
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Cette observation illustre un principe extrêmement
important lorsqu’on aménage un jardin pour la
biodiversité : il ne suffit pas de planter quelques
fleurs mellifères.
Il faut essayer d’offrir des floraisons successives.
Une plante peut être extraordinaire pour les abeilles,
mais si elle ne fleurit que pendant quelques semaines,
elle ne répond qu’à une partie de leurs besoins. En
combinant plusieurs espèces dont les périodes de
floraison se chevauchent ou se succèdent, on crée une
source de nectar et de pollen beaucoup plus constante.
C’est exactement ce que j’ai pu observer avec mes
différents penstémons. Une espèce commence à terminer sa
floraison pendant qu’une autre prend le relais.
C’est là que le jardin devient réellement vivant. On ne
choisit plus uniquement une plante parce qu’elle est
belle. On commence à réfléchir à la fonction qu’elle
remplit dans l’écosystème. |
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Abeilles indigènes, abeilles domestiques et autres
visiteurs
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Les fleurs du Penstemon digitalis sont particulièrement
intéressantes pour différents insectes pollinisateurs.
Elles peuvent être fréquentées aussi bien par des
abeilles indigènes que par des abeilles domestiques et
différents autres visiteurs capables d’exploiter leurs
fleurs tubulaires.
La forme de la fleur joue justement un rôle important.
Pour un pollinisateur adapté à ce type de corolle, le
tube floral constitue une véritable invitation à aller
chercher les ressources présentes au fond de la fleur.
Et lorsqu’on regarde attentivement les plants pendant
leur floraison, on comprend rapidement que nous ne
sommes pas les seuls à apprécier leur beauté.
Pour moi, c’est extrêmement gratifiant. On part une
plante d’une toute petite graine, on la regarde pousser,
on attend parfois plus d’une saison pour qu’elle exprime
réellement son potentiel, puis un jour elle devient ce
que j’aime appeler un véritable « buffet à volonté »
pour les pollinisateurs.
Et ce buffet-là est gratuit! |
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Une plante également intéressante pour les colibris
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Les fleurs tubulaires des penstémons peuvent également
être visitées par les colibris. Même si toutes les
espèces et toutes les couleurs n’exercent pas la même
attraction sur eux, cette architecture florale rend le
genre Penstemon particulièrement intéressant dans un
jardin pensé pour accueillir une diversité de visiteurs.
Au Québec, cela signifie évidemment le colibri à gorge
rubis, notre espèce de colibri nicheuse.
Il ne faut cependant pas aménager tout un jardin autour
d’une seule espèce végétale dans l’espoir d’attirer les
colibris. Le meilleur résultat vient encore une fois de
la diversité : plusieurs plantes nectarifères,
différentes hauteurs, des périodes de floraison étalées
et un environnement où les insectes sont également
présents.
Le Penstemon digitalis peut parfaitement s’intégrer dans
cette stratégie. |
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Une vivace parfaite pour un jardin de prairie
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Après avoir constaté son comportement dans nos jardins,
nous avons décidé de transférer plusieurs plants dans
notre prairie.
Ce choix était tout naturel puisque le Penstemon
digitalis est justement une plante associée à des
milieux ouverts comme les prairies, les clairières et
certains habitats herbacés.
Les plants ont été transplantés au début de l’été. Ils
sont actuellement plus petits que ceux demeurés dans le
jardin, mais je m’attends à ce qu’ils prennent beaucoup
plus d’ampleur une fois complètement établis.
C’est une chose importante à comprendre avec les vivaces
: il faut leur laisser du temps.
La première année suivant un semis ou une
transplantation n’est pas nécessairement représentative
de ce que deviendra la plante. Elle travaille énormément
sous terre. Elle développe ses racines, s’adapte à son
nouvel environnement et accumule des réserves.
Avec un Penstemon digitalis bien implanté, c’est souvent
à partir des années suivantes que l’on commence
véritablement à apprécier son potentiel. |
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Quel sol choisir pour le Penstemon digitalis?
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Une des questions que l’on se pose toujours avant
d’introduire une nouvelle plante au jardin est très
simple : est-ce que mon sol lui convient?
Dans le cas du Penstemon digitalis, mon expérience est
particulièrement intéressante parce que je le cultive
dans des conditions très différentes.
Dans le premier jardin, le sol est plutôt sablonneux et
se draine très rapidement. L’eau ne demeure donc pas
longtemps autour des racines.
Dans la prairie, c’est pratiquement l’inverse. Le sol
est beaucoup plus argileux et retient davantage
l’humidité.
Nous avons même connu une période extrêmement pluvieuse
pendant laquelle le sol est devenu temporairement saturé
d’eau. Lorsque j’appuyais avec mon pied près des plants,
de l’eau pouvait remonter. Malgré cela, les penstémons
transplantés ont très bien survécu.
Cette expérience montre une bonne capacité d’adaptation,
mais il faut apporter une nuance importante : tolérer
temporairement un sol très humide ne signifie pas qu’une
plante devrait être installée volontairement dans un
endroit constamment détrempé.
Comme beaucoup de vivaces, le Penstemon digitalis
appréciera davantage un sol qui permet aux racines de
respirer. Une saturation ponctuelle peut être tolérée,
mais un sol continuellement gorgé d’eau augmente les
risques de problèmes racinaires. |
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Une fois établi, il supporte aussi les périodes
sèches
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À l’autre extrême, le Penstemon digitalis possède une
bonne tolérance aux périodes plus sèches une fois son
système racinaire suffisamment développé.
C’est particulièrement intéressant dans le contexte de
nos étés où l’on peut passer d’épisodes de pluies
abondantes à plusieurs semaines beaucoup plus sèches.
Cela ne signifie pas qu’un jeune plant fraîchement
transplanté doit être abandonné sans arrosage. Durant sa
période d’établissement, il est préférable de surveiller
l’humidité du sol et d’arroser lorsque nécessaire.
Une fois bien enracinée, la plante devient beaucoup plus
autonome.
C’est exactement le genre de caractéristique que je
recherche pour une prairie : des végétaux capables de
fonctionner avec relativement peu d’interventions une
fois installés. |
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Soleil et emplacement : où planter la grande
bergeronnette?
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Pour obtenir une belle floraison et une plante
vigoureuse, un emplacement ensoleillé est généralement
le meilleur choix. Une légère mi-ombre peut être
tolérée, mais une diminution importante de la lumière
risque de réduire la floraison et de favoriser des tiges
plus étirées.
Dans une prairie, on peut l’intégrer avec d’autres
vivaces et graminées en tenant compte de sa hauteur.
Comme elle peut atteindre une taille imposante, elle
contribue à créer une strate verticale intéressante sans
former une masse trop lourde.
Dans une plate-bande, elle peut servir de plante de
milieu ou d’arrière-plan selon les espèces qui
l’accompagnent.
Son aspect léger permet aussi de la combiner avec des
végétaux au feuillage plus dense. Les fleurs blanches
sont particulièrement faciles à intégrer puisqu’elles
s’harmonisent avec pratiquement toutes les couleurs. |
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Quand fleurit le Penstemon digitalis?
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Le Penstemon digitalis est particulièrement intéressant
pour sa floraison relativement hâtive.
Dans des conditions printanières normales, on peut
s’attendre au Québec à une floraison se situant
généralement vers la fin du printemps et le début de
l’été, avec des variations importantes selon la région,
le microclimat et les conditions de l’année.
Chez nous, la floraison a été beaucoup plus tardive
cette année. Le printemps a été particulièrement froid
et le mois de juin n’a vraiment pas aidé. Résultat : des
plants qui auraient normalement fleuri plus tôt étaient
encore en fleurs en juillet.
Cette variation rappelle quelque chose d’important : les
calendriers de floraison ne sont jamais des dates
absolues.
Une plante ne regarde évidemment pas le calendrier! Elle
réagit à la température, à l’accumulation de chaleur, à
la lumière, à l’humidité et à son propre stade de
développement.
C’est pourquoi il vaut mieux considérer les périodes de
floraison indiquées dans les ouvrages et catalogues
comme des repères plutôt que comme des échéances
précises. |
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Cette plante aux fleurs tubulaires blanches
attire notamment les abeilles |
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Le Penstemon digitalis est-il envahissant?
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Non, je ne considère pas le Penstemon digitalis comme
une plante envahissante dans un jardin.
Il peut toutefois se ressemer.
Après la floraison, les fleurs produisent des capsules
contenant des graines. Lorsque celles-ci arrivent à
maturité, les graines peuvent tomber autour du plant
mère. Elles passent ensuite l’hiver à l’extérieur et
certaines peuvent germer lorsque les conditions
deviennent favorables.
On peut donc voir apparaître de nouveaux petits plants
autour du pied original.
Pour moi, dans une prairie, ce comportement est plutôt
un avantage. Une plante capable de se reproduire
naturellement peut progressivement trouver les endroits
qui lui conviennent le mieux et contribuer à la
dynamique de l’aménagement.
Dans une plate-bande plus structurée, il suffit de
retirer les jeunes plants indésirables. Le contrôle est
relativement facile.
Si on souhaite limiter davantage les semis spontanés, on
peut aussi supprimer les tiges florales avant que les
graines arrivent complètement à maturité. Par contre,
dans une approche naturaliste, conserver une partie des
tiges permet à la plante de compléter son cycle. |
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Cultiver le Penstemon digitalis à partir de semences
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L’expérience devient encore plus intéressante lorsqu’on
produit soi-même ses plants.
C’est ce que j’ai fait en démarrant mes Penstemon
digitalis à partir de semences pendant l’hiver 2025. Les
jeunes plants ont ensuite été installés au jardin durant
l’été.
Les graines de nombreuses plantes vivaces de climat
tempéré profitent d’une période de froid humide pour
favoriser une germination régulière. Lorsqu’on travaille
avec des semences de penstémon, il est donc important de
vérifier les recommandations propres à l’espèce et au
lot de semences. Une stratification froide peut être
utilisée pour reproduire les conditions hivernales
naturelles.
Une autre approche consiste à semer à l’extérieur à
l’automne ou en hiver et à laisser les graines subir
naturellement le froid. C’est une méthode
particulièrement cohérente lorsqu’on souhaite produire
des plantes destinées à une prairie.
Dans tous les cas, il faut accepter que la culture de
vivaces à partir de semences demande parfois davantage
de patience que l’achat d’un gros plant en jardinerie.
Mais quelle satisfaction!
Voir une graine devenir un plant, voir ce plant survivre
à son premier hiver, puis assister à sa première
véritable floraison et observer les abeilles venir s’y
nourrir donne une tout autre dimension au jardinage. |
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Transplanter les jeunes plants au jardin ou dans une
prairie
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Les jeunes Penstemon digitalis peuvent être transplantés
lorsqu’ils sont suffisamment développés pour supporter
les conditions extérieures.
Comme pour toute plante produite à l’intérieur, une
acclimatation progressive est importante avant la
plantation définitive. On expose graduellement les
plants au soleil, au vent et aux variations de
température afin d’éviter un choc brutal.
Après la transplantation, l’arrosage doit être surveillé
pendant l’établissement. Même si un Penstemon digitalis
adulte peut supporter une certaine sécheresse, un jeune
plant possède encore un système racinaire limité.
Dans notre prairie, les plants déplacés au début de
l’été n’ont pas immédiatement atteint la taille de ceux
déjà installés ailleurs. C’est normal et il ne faut
surtout pas conclure trop rapidement qu’ils ne se
plaisent pas à leur nouvel emplacement.
Je m’attends justement à les voir s’épanouir beaucoup
plus pleinement l’année prochaine. |
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Laisser une prairie évoluer plutôt que vouloir tout
contrôler
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Cultiver des plantes dans une prairie demande une façon
de penser légèrement différente de celle d’une
plate-bande traditionnelle.
Dans une plate-bande, on décide souvent précisément où
chaque plante doit rester. Dans une prairie, on accepte
davantage que les végétaux interagissent, se déplacent,
se ressèment et entrent en compétition.
Le Penstemon digitalis se prête très bien à cette
approche.
S’il produit quelques semis autour de lui, ceux qui se
trouvent dans des conditions favorables pourront
éventuellement s’établir. D’autres disparaîtront
naturellement sous la compétition des plantes voisines.
Cette évolution fait partie du charme d’une prairie.
L’objectif n’est pas nécessairement d’obtenir exactement
la même composition végétale année après année, mais
plutôt de développer une communauté de plantes
diversifiée, résiliente et capable de soutenir une
grande variété d’organismes. |
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Une plante intéressante pour un jardin écologique
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Lorsqu’on souhaite rendre un terrain plus accueillant
pour la biodiversité, il est facile de croire qu’il faut
transformer complètement son aménagement.
Ce n’est pas nécessaire.
Ajouter quelques plantes bien choisies peut déjà changer
énormément de choses.
Un Penstemon digitalis installé dans une plate-bande
apporte une floraison intéressante. Plusieurs plants
commencent à former une véritable ressource alimentaire.
Si on ajoute ensuite d’autres espèces dont les
floraisons précèdent et suivent celle du penstémon, on
crée progressivement un réseau beaucoup plus intéressant
pour les pollinisateurs.
C’est cette accumulation de petits gestes qui finit par
transformer un terrain.
Il faut aussi accepter la présence des insectes.
Lorsqu’on plante pour les pollinisateurs, l’objectif est
justement que les fleurs soient visitées. Une feuille
grignotée ou une tige fréquentée par des insectes n’est
pas nécessairement le signe d’un jardin qui va mal. Dans
un jardin vivant, les plantes font partie d’un ensemble
beaucoup plus vaste. |
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Associer plusieurs penstémons au jardin
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Je suis vraiment tombée en amour avec les penstémons.
Le Penstemon digitalis n’est donc pas seul chez nous. Je
cultive notamment Penstemon hirsutus et je m’intéresse
aussi à plusieurs autres espèces et cultivars.
Ce qui me plaît énormément dans ce genre, c’est cette
forme florale si particulière. Les petites cloches et
les tubes donnent quelque chose de très délicat aux
plantations.
En utilisant plusieurs espèces, on peut également
obtenir différentes hauteurs, couleurs et périodes de
floraison.
Mais pour moi, l’intérêt va beaucoup plus loin que
l’esthétique. L’expérience avec Penstemon hirsutus et
Penstemon digitalis m’a justement montré comment deux
floraisons successives peuvent permettre aux
pollinisateurs de passer d’une ressource à l’autre.
Quand une floraison commence à s’éteindre et que la
suivante prend le relais, le jardin continue d’offrir de
la nourriture.
C’est exactement ce que je souhaite développer dans
notre prairie. |
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Faut-il planter le Penstemon digitalis au Québec?
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Pour quelqu’un qui cherche une vivace nord-américaine
résistante, élégante et particulièrement intéressante
pour les pollinisateurs, le Penstemon digitalis mérite
vraiment d’être considéré.
Il possède plusieurs qualités recherchées : une belle
hauteur sans devenir excessivement large, des tiges
robustes, une floraison délicate, une capacité à
s’adapter à différents types de sols et une bonne
tolérance à la sécheresse une fois établi.
Il peut trouver sa place aussi bien dans une plate-bande
que dans un jardin naturaliste ou une prairie fleurie.
Il faut simplement garder en tête qu’il s’agit d’une
espèce nord-américaine qui n’est pas indigène du Québec.
Si votre objectif est de créer un aménagement composé
exclusivement d’espèces indigènes québécoises, il faudra
donc choisir d’autres plantes. Si votre démarche accepte
certaines espèces nord-américaines adaptées à notre
climat, le Penstemon digitalis devient alors une
possibilité particulièrement intéressante. |
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Elle pousse dans différents types de sols et
peut tolérer des périodes sèches une fois
établie |
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Prendre le temps d’observer ce qui se passe au
jardin
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C’est probablement l’une des choses que j’aime le plus
dans cette aventure : planter quelque chose dont on a lu
les caractéristiques, puis vérifier par soi-même ce qui
se produit réellement.
On peut lire qu’une plante attire les pollinisateurs.
On peut lire qu’elle supporte différents sols.
On peut lire qu’elle résiste au vent.
Mais lorsqu’on voit les pollinisateurs arriver quelques
jours après le début de la floraison, lorsqu’on observe
une grande tige demeurer droite malgré les rafales ou
lorsqu’un jeune plant traverse une période où le sol est
temporairement saturé d’eau, l’information prend
soudainement une tout autre valeur.
Le jardin devient un lieu d’observation.
C’est également pour cette raison que j’aime produire
certaines plantes à partir de semences. On suit leur
évolution depuis le tout début et on apprend énormément
en les regardant réagir aux conditions réelles du
terrain. |
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CONCLUSION
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Le Penstemon digitalis, ou grande bergeronnette, est une
superbe vivace nord-américaine encore trop peu connue
dans nos jardins. Avec ses longues tiges robustes
pouvant atteindre une belle hauteur, ses fleurs
tubulaires blanches délicatement teintées de rose ou de
mauve et son port élégant, il apporte énormément de
douceur dans une plate-bande ou une prairie fleurie.
Mais sa beauté n’est qu’une partie de son intérêt.
Ce qui m’impressionne surtout, c’est toute la vie qu’il
attire lorsqu’il entre en floraison. Abeilles indigènes,
abeilles domestiques et autres pollinisateurs viennent
profiter de cette nouvelle source de nourriture.
Lorsqu’il est associé à d’autres plantes dont les
floraisons se succèdent, il contribue à créer un
véritable garde-manger pour les pollinisateurs pendant
une plus longue période.
Mon expérience m’a aussi permis de constater sa belle
capacité d’adaptation. Je le cultive aussi bien dans un
sol sablonneux qui se draine rapidement que dans notre
prairie au sol beaucoup plus argileux. Une fois bien
établi, il peut également supporter des périodes plus
sèches.
Et puis il y a toute la satisfaction de l’avoir démarré
à partir d’une simple graine, de l’avoir regardé grandir
et de le voir aujourd’hui remplir son rôle dans le
jardin.
Pour moi, c’est exactement ce qui rend l’aménagement
d’une prairie et d’un jardin vivant aussi passionnant.
On ne plante plus seulement pour obtenir de belles
fleurs. On plante pour créer des habitats, nourrir les
pollinisateurs et observer toute cette petite communauté
prendre progressivement sa place.
Si vous cherchez une nouvelle vivace à découvrir et que
votre aménagement accepte des espèces nord-américaines
qui ne sont pas strictement indigènes du Québec, gardez
donc une petite place pour le Penstemon digitalis. Vous
pourriez bien, vous aussi, tomber en amour avec les
penstémons. |
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Commentaire de Sylvie
Beaulieu : |
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Sylvie Beaulieu est passionnée de plantes indigènes, de
biodiversité, d’herboristerie et de plantes médicinales.
Avec son conjoint, elle a créé Prairie Boussole, une
prairie de près de 10 000 pi² regroupant près d’une
centaine d’espèces indigènes. Elle partage ses
connaissances sur la flore indigène, son importance
écologique et sa préservation à titre de collaboratrice
certifiée de Jardinage Bricolage Autosuffisance
Recyclage Québec. |
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