Vidéos de Jardinage Bricolage Autosuffisance Recyclage Québec Jardinage Québec - Vidéos de Jardinage Bricolage Recyclage et Autosuffisance
 

PENSTEMON DIGITALIS : CULTURE, FLORAISON ET POLLINISATEURS

 
Québec Jardinage ACCUEIL Québec Jardinage
  Infolettre
Nous suivre:
 
 
Poulailler   Jardinage Aquatique   Les Serres   Autosuffisance   Aménagement Paysager   Potager Fines Herbes Légumes et Fruits   Jardinage Écologique   Structures au Jardin   Semences et Semis   Conseils de Jardinage - Conseil de Bricolages - Conseil d'Autosuffisance   Répertoire des Plantes   Photos de Jardins   Forum de Jardinage Bricolage et Autosuffisance
Poulailler et Fermette   Jardinage
Aquatique
  Serres   Autosuffisance   Aménagement
Paysager
  Potager   Jardinage
Écologique
  Terrasses
Structures
  Semences
Semis
  Conseils au
Jardin
  Liste des
Plantes
  Photos et Vidéos   Forum
 
 
Forum de Jardinage Bricolage et Autosuffisance du Québec
 
 
  AUTRES VIDÉOS-ARTICLES À CONSULTER
 
Vidéos Jardinage Québec PLANTES INDIGÈNES
Le Penstemon digitalis
Vidéo Jardinage Québec
 
 
 
 
Résumé de la vidéo et contenu inédit :
 
Sylvie Beaulieu (La Sylphe des Prairies), collaboratrice certifiée de Jardinage Bricolage Autosuffisance Recyclage Québec, est passionnée de nature, de flore indigène, d’insectes, d’herboristerie et de plantes médicinales. Avec son conjoint, elle a créé Prairie Boussole, une prairie de près de 10 000 pi² regroupant près d’une centaine d’espèces indigènes. À travers ses capsules et ses articles, elle partage ses connaissances sur les plantes indigènes, leur rôle écologique et leurs usages, tout en sensibilisant à la préservation de la biodiversité et de notre patrimoine végétal.
 
 
Dans cette vidéo, Sylvie Beaulieu - La Sylphe des Prairies nous présente le Penstemon digitalis, une magnifique vivace nord-américaine particulièrement appréciée des pollinisateurs. Elle explique son expérience de culture à partir de semences et son implantation dans ses jardins et sa prairie. Cette plante aux fleurs tubulaires blanches attire notamment les abeilles et peut également intéresser les colibris. Résistante et adaptable, elle peut pousser dans différents types de sols et tolérer des périodes sèches une fois établie. Sylvie partage ses observations et ses conseils pour intégrer cette remarquable plante de prairie dans un jardin écologique.
 
 
 
 
Contenu de l'article de la vidéo :
 
Août 2026 :
 

Penstemon digitalis (grande bergeronnette) : une vivace nord-américaine remarquable pour les pollinisateurs

 

Découvrir le Penstemon digitalis, une plante de prairie aussi belle qu’utile

Quand on commence à s’intéresser aux plantes de prairie et aux végétaux indigènes d’Amérique du Nord, on découvre rapidement tout un univers de plantes magnifiques qui sont encore peu connues dans nos jardins. Le Penstemon digitalis fait assurément partie de ces belles découvertes. Avec ses tiges élancées, ses fleurs tubulaires blanches légèrement teintées de rose ou de mauve et son incroyable pouvoir d’attraction sur les pollinisateurs, il mérite vraiment qu’on lui fasse une place au jardin.

Je voulais d’ailleurs commencer mes capsules sur les plantes que nous avons décidé d’installer dans nos jardins et dans notre future prairie avec cette espèce. Notre prairie est encore toute jeune : plusieurs des plantes qui s’y trouvent sont à leur première année et sont donc encore toutes petites. Le Penstemon digitalis, lui, a une petite longueur d’avance.

J’ai démarré mes premiers plants à partir de semences durant l’hiver 2025, puis je les ai installés au jardin durant l’été suivant. Les plants que j’observe aujourd’hui en sont donc à leur deuxième année. Et c’est justement très gratifiant lorsqu’on part une plante de la graine de la voir éventuellement devenir une grande vivace couverte de fleurs et fréquentée par une multitude de pollinisateurs.
 
 
Sylvie Beaulieu présente ses Penstemon digitalis
Sylvie Beaulieu présente ses Penstemon digitalis
 

Penstemon digitalis, grande bergeronnette ou langue-de-barbe blanche?

Le nom scientifique de cette plante est Penstemon digitalis. En français, on rencontre notamment les noms grande bergeronnette et penstémon digital, ainsi que le nom langue-de-barbe blanche.

C’est d’ailleurs un excellent exemple de l’importance des noms scientifiques lorsqu’on s’intéresse aux plantes. Une même espèce peut porter plusieurs noms communs selon les régions, les pépinières, les ouvrages ou les personnes qui en parlent. Si une personne utilise « grande bergeronnette » et une autre « langue-de-barbe blanche », on pourrait facilement croire qu’il s’agit de deux plantes différentes.

Avec Penstemon digitalis, il n’y a plus d’ambiguïté. Le nom botanique permet aux jardiniers, producteurs, semenciers et passionnés de plantes de savoir exactement de quelle espèce il est question.

Le genre Penstemon comprend d’ailleurs un très grand nombre d’espèces nord-américaines. Je dois avouer que j’ai vraiment un faible pour ces plantes. J’adore leurs fleurs en forme de petites cloches ou de tubes. Elles apportent énormément de délicatesse et de douceur dans un aménagement.
 
 

Une plante nord-américaine, mais pas indigène du Québec

Il faut apporter ici une précision importante lorsqu’on parle de plante indigène. Le Penstemon digitalis est originaire d’Amérique du Nord et son aire naturelle se trouve principalement aux États-Unis. Il ne faut donc pas le présenter comme une plante indigène du Québec simplement parce qu’il appartient à la flore nord-américaine.

Cela ne l’empêche absolument pas d’être extrêmement intéressante dans nos jardins québécois. Au contraire, son adaptation à notre climat, sa rusticité et surtout son intérêt pour les pollinisateurs en font une plante de choix dans un aménagement écologique ou une prairie fleurie.

Chez nous, nous avons justement décidé de l’introduire volontairement dans les jardins puis dans notre prairie. C’est une façon d’ajouter de la diversité végétale tout en offrant de nouvelles ressources alimentaires aux insectes qui fréquentent le terrain.
 
 

Une floraison blanche particulièrement délicate

Le Penstemon digitalis produit des tiges florales dressées portant de nombreuses fleurs tubulaires. Les fleurs paraissent principalement blanches, mais lorsqu’on les regarde attentivement, on peut remarquer près de la tige et à certains endroits de la corolle de délicates nuances rosées ou légèrement mauves.

C’est ce contraste que j’aime particulièrement. La plante possède une structure très verticale et assez robuste, mais elle porte au sommet une floraison qui semble beaucoup plus légère et délicate.

Cette combinaison donne une plante qui se remarque sans être lourde visuellement. Elle peut donc très bien être intégrée à une plate-bande plus traditionnelle, à un jardin naturaliste ou à une véritable prairie fleurie.
 
 

Quelle hauteur peut atteindre le Penstemon digitalis?

C’est une vivace qui peut devenir assez haute. Dans de bonnes conditions, ses tiges florales peuvent approcher 1,5 mètre. Malgré cette hauteur, elle ne prend pas énormément de largeur et conserve une silhouette relativement verticale.

Cette caractéristique est intéressante lorsqu’on cherche à créer différentes strates de végétation. On peut installer des plantes basses à son pied et profiter de ses fleurs plus hautes pour donner du mouvement au jardin.

La hauteur peut toutefois varier selon les conditions de culture. Un plant récemment transplanté sera généralement plus petit qu’un sujet installé depuis quelques années. La richesse du sol, l'humidité, la lumière et surtout la compétition avec les végétaux voisins peuvent également modifier son port.

J’en ai justement fait l’observation chez nous. Les plants transférés dans la prairie au début de l’été sont encore moins hauts que ceux du jardin. C’est tout à fait normal puisqu’ils viennent d’être déplacés et doivent d’abord consacrer une partie de leur énergie à leur enracinement.

À l’inverse, certains plants entourés d’une végétation plus compétitive peuvent chercher davantage la lumière et produire des tiges plus hautes.
 
 

Des tiges étonnamment résistantes au vent

Un autre aspect que j’apprécie beaucoup chez le Penstemon digitalis est la solidité de ses tiges.

Chez nous, le vent peut être assez présent. Certaines grandes vivaces ont tendance à s’affaisser ou à se coucher lorsqu’elles atteignent leur pleine hauteur, particulièrement après une pluie abondante accompagnée de rafales.

Le Penstemon digitalis m’a agréablement surprise. Ses tiges demeurent bien dressées malgré le vent. On obtient donc cette belle structure verticale solide surmontée d’une floraison beaucoup plus douce.

Cette résistance peut permettre de l’utiliser sans nécessairement avoir recours à un tuteurage dans des conditions normales. Comme toujours avec les grandes vivaces, un emplacement extrêmement exposé ou un sol excessivement riche pouvant favoriser des tiges anormalement longues peut cependant modifier le comportement de la plante.
 
 
Une vivace de prairie qui attire abeilles et pollinisateurs
Une vivace de prairie qui attire abeilles et pollinisateurs
 

Une véritable plante à pollinisateurs

C’est probablement l'une des qualités les plus impressionnantes du Penstemon digitalis : lorsqu’il fleurit, les pollinisateurs finissent par le découvrir et peuvent alors le fréquenter intensément.

Avant de le cultiver, j’avais lu dans les descriptions de semences qu’il attirait beaucoup les pollinisateurs. Mais il y a une différence énorme entre lire cette information et l’observer directement dans son propre jardin.

C’est là que l’expérience devient vraiment intéressante.

À proximité, nous avons également un autre penstémon, Penstemon hirsutus. Celui-ci possède de petites fleurs tubulaires aux tons davantage mauves. J’avais observé de gros pollinisateurs travailler avec insistance autour de ses fleurs afin d’accéder au nectar.

Puis le Penstemon digitalis s’est mis à fleurir.

Au début, les insectes continuaient de fréquenter principalement le Penstemon hirsutus. Il leur a fallu quelques jours avant de découvrir cette nouvelle source de nourriture. Ensuite, le changement a été spectaculaire : les visiteurs se sont mis à fréquenter abondamment le Penstemon digitalis.

Le phénomène était d’autant plus intéressant que la floraison du Penstemon hirsutus commençait à décliner. Le Penstemon digitalis prenait donc progressivement la relève.
 
 

Échelonner les floraisons pour nourrir les pollinisateurs

Cette observation illustre un principe extrêmement important lorsqu’on aménage un jardin pour la biodiversité : il ne suffit pas de planter quelques fleurs mellifères.

Il faut essayer d’offrir des floraisons successives.

Une plante peut être extraordinaire pour les abeilles, mais si elle ne fleurit que pendant quelques semaines, elle ne répond qu’à une partie de leurs besoins. En combinant plusieurs espèces dont les périodes de floraison se chevauchent ou se succèdent, on crée une source de nectar et de pollen beaucoup plus constante.

C’est exactement ce que j’ai pu observer avec mes différents penstémons. Une espèce commence à terminer sa floraison pendant qu’une autre prend le relais.

C’est là que le jardin devient réellement vivant. On ne choisit plus uniquement une plante parce qu’elle est belle. On commence à réfléchir à la fonction qu’elle remplit dans l’écosystème.
 
 

Abeilles indigènes, abeilles domestiques et autres visiteurs

Les fleurs du Penstemon digitalis sont particulièrement intéressantes pour différents insectes pollinisateurs. Elles peuvent être fréquentées aussi bien par des abeilles indigènes que par des abeilles domestiques et différents autres visiteurs capables d’exploiter leurs fleurs tubulaires.

La forme de la fleur joue justement un rôle important. Pour un pollinisateur adapté à ce type de corolle, le tube floral constitue une véritable invitation à aller chercher les ressources présentes au fond de la fleur.

Et lorsqu’on regarde attentivement les plants pendant leur floraison, on comprend rapidement que nous ne sommes pas les seuls à apprécier leur beauté.

Pour moi, c’est extrêmement gratifiant. On part une plante d’une toute petite graine, on la regarde pousser, on attend parfois plus d’une saison pour qu’elle exprime réellement son potentiel, puis un jour elle devient ce que j’aime appeler un véritable « buffet à volonté » pour les pollinisateurs.

Et ce buffet-là est gratuit!
 
 

Une plante également intéressante pour les colibris

Les fleurs tubulaires des penstémons peuvent également être visitées par les colibris. Même si toutes les espèces et toutes les couleurs n’exercent pas la même attraction sur eux, cette architecture florale rend le genre Penstemon particulièrement intéressant dans un jardin pensé pour accueillir une diversité de visiteurs.

Au Québec, cela signifie évidemment le colibri à gorge rubis, notre espèce de colibri nicheuse.

Il ne faut cependant pas aménager tout un jardin autour d’une seule espèce végétale dans l’espoir d’attirer les colibris. Le meilleur résultat vient encore une fois de la diversité : plusieurs plantes nectarifères, différentes hauteurs, des périodes de floraison étalées et un environnement où les insectes sont également présents.

Le Penstemon digitalis peut parfaitement s’intégrer dans cette stratégie.
 
 
 
 

Une vivace parfaite pour un jardin de prairie

Après avoir constaté son comportement dans nos jardins, nous avons décidé de transférer plusieurs plants dans notre prairie.

Ce choix était tout naturel puisque le Penstemon digitalis est justement une plante associée à des milieux ouverts comme les prairies, les clairières et certains habitats herbacés.

Les plants ont été transplantés au début de l’été. Ils sont actuellement plus petits que ceux demeurés dans le jardin, mais je m’attends à ce qu’ils prennent beaucoup plus d’ampleur une fois complètement établis.

C’est une chose importante à comprendre avec les vivaces : il faut leur laisser du temps.

La première année suivant un semis ou une transplantation n’est pas nécessairement représentative de ce que deviendra la plante. Elle travaille énormément sous terre. Elle développe ses racines, s’adapte à son nouvel environnement et accumule des réserves.

Avec un Penstemon digitalis bien implanté, c’est souvent à partir des années suivantes que l’on commence véritablement à apprécier son potentiel.
 
 

Quel sol choisir pour le Penstemon digitalis?

Une des questions que l’on se pose toujours avant d’introduire une nouvelle plante au jardin est très simple : est-ce que mon sol lui convient?

Dans le cas du Penstemon digitalis, mon expérience est particulièrement intéressante parce que je le cultive dans des conditions très différentes.

Dans le premier jardin, le sol est plutôt sablonneux et se draine très rapidement. L’eau ne demeure donc pas longtemps autour des racines.

Dans la prairie, c’est pratiquement l’inverse. Le sol est beaucoup plus argileux et retient davantage l’humidité.

Nous avons même connu une période extrêmement pluvieuse pendant laquelle le sol est devenu temporairement saturé d’eau. Lorsque j’appuyais avec mon pied près des plants, de l’eau pouvait remonter. Malgré cela, les penstémons transplantés ont très bien survécu.

Cette expérience montre une bonne capacité d’adaptation, mais il faut apporter une nuance importante : tolérer temporairement un sol très humide ne signifie pas qu’une plante devrait être installée volontairement dans un endroit constamment détrempé.

Comme beaucoup de vivaces, le Penstemon digitalis appréciera davantage un sol qui permet aux racines de respirer. Une saturation ponctuelle peut être tolérée, mais un sol continuellement gorgé d’eau augmente les risques de problèmes racinaires.
 
 

Une fois établi, il supporte aussi les périodes sèches

À l’autre extrême, le Penstemon digitalis possède une bonne tolérance aux périodes plus sèches une fois son système racinaire suffisamment développé.

C’est particulièrement intéressant dans le contexte de nos étés où l’on peut passer d’épisodes de pluies abondantes à plusieurs semaines beaucoup plus sèches.

Cela ne signifie pas qu’un jeune plant fraîchement transplanté doit être abandonné sans arrosage. Durant sa période d’établissement, il est préférable de surveiller l’humidité du sol et d’arroser lorsque nécessaire.

Une fois bien enracinée, la plante devient beaucoup plus autonome.

C’est exactement le genre de caractéristique que je recherche pour une prairie : des végétaux capables de fonctionner avec relativement peu d’interventions une fois installés.
 
 

Soleil et emplacement : où planter la grande bergeronnette?

Pour obtenir une belle floraison et une plante vigoureuse, un emplacement ensoleillé est généralement le meilleur choix. Une légère mi-ombre peut être tolérée, mais une diminution importante de la lumière risque de réduire la floraison et de favoriser des tiges plus étirées.

Dans une prairie, on peut l’intégrer avec d’autres vivaces et graminées en tenant compte de sa hauteur. Comme elle peut atteindre une taille imposante, elle contribue à créer une strate verticale intéressante sans former une masse trop lourde.

Dans une plate-bande, elle peut servir de plante de milieu ou d’arrière-plan selon les espèces qui l’accompagnent.

Son aspect léger permet aussi de la combiner avec des végétaux au feuillage plus dense. Les fleurs blanches sont particulièrement faciles à intégrer puisqu’elles s’harmonisent avec pratiquement toutes les couleurs.
 
 

Quand fleurit le Penstemon digitalis?

Le Penstemon digitalis est particulièrement intéressant pour sa floraison relativement hâtive.

Dans des conditions printanières normales, on peut s’attendre au Québec à une floraison se situant généralement vers la fin du printemps et le début de l’été, avec des variations importantes selon la région, le microclimat et les conditions de l’année.

Chez nous, la floraison a été beaucoup plus tardive cette année. Le printemps a été particulièrement froid et le mois de juin n’a vraiment pas aidé. Résultat : des plants qui auraient normalement fleuri plus tôt étaient encore en fleurs en juillet.

Cette variation rappelle quelque chose d’important : les calendriers de floraison ne sont jamais des dates absolues.

Une plante ne regarde évidemment pas le calendrier! Elle réagit à la température, à l’accumulation de chaleur, à la lumière, à l’humidité et à son propre stade de développement.

C’est pourquoi il vaut mieux considérer les périodes de floraison indiquées dans les ouvrages et catalogues comme des repères plutôt que comme des échéances précises.
 
 
Cette plante aux fleurs tubulaires blanches attire notamment les abeilles
Cette plante aux fleurs tubulaires blanches attire notamment les abeilles
 

Le Penstemon digitalis est-il envahissant?

Non, je ne considère pas le Penstemon digitalis comme une plante envahissante dans un jardin.

Il peut toutefois se ressemer.

Après la floraison, les fleurs produisent des capsules contenant des graines. Lorsque celles-ci arrivent à maturité, les graines peuvent tomber autour du plant mère. Elles passent ensuite l’hiver à l’extérieur et certaines peuvent germer lorsque les conditions deviennent favorables.

On peut donc voir apparaître de nouveaux petits plants autour du pied original.

Pour moi, dans une prairie, ce comportement est plutôt un avantage. Une plante capable de se reproduire naturellement peut progressivement trouver les endroits qui lui conviennent le mieux et contribuer à la dynamique de l’aménagement.

Dans une plate-bande plus structurée, il suffit de retirer les jeunes plants indésirables. Le contrôle est relativement facile.

Si on souhaite limiter davantage les semis spontanés, on peut aussi supprimer les tiges florales avant que les graines arrivent complètement à maturité. Par contre, dans une approche naturaliste, conserver une partie des tiges permet à la plante de compléter son cycle.
 
 

Cultiver le Penstemon digitalis à partir de semences

L’expérience devient encore plus intéressante lorsqu’on produit soi-même ses plants.

C’est ce que j’ai fait en démarrant mes Penstemon digitalis à partir de semences pendant l’hiver 2025. Les jeunes plants ont ensuite été installés au jardin durant l’été.

Les graines de nombreuses plantes vivaces de climat tempéré profitent d’une période de froid humide pour favoriser une germination régulière. Lorsqu’on travaille avec des semences de penstémon, il est donc important de vérifier les recommandations propres à l’espèce et au lot de semences. Une stratification froide peut être utilisée pour reproduire les conditions hivernales naturelles.

Une autre approche consiste à semer à l’extérieur à l’automne ou en hiver et à laisser les graines subir naturellement le froid. C’est une méthode particulièrement cohérente lorsqu’on souhaite produire des plantes destinées à une prairie.

Dans tous les cas, il faut accepter que la culture de vivaces à partir de semences demande parfois davantage de patience que l’achat d’un gros plant en jardinerie.

Mais quelle satisfaction!

Voir une graine devenir un plant, voir ce plant survivre à son premier hiver, puis assister à sa première véritable floraison et observer les abeilles venir s’y nourrir donne une tout autre dimension au jardinage.
 
 

Transplanter les jeunes plants au jardin ou dans une prairie

Les jeunes Penstemon digitalis peuvent être transplantés lorsqu’ils sont suffisamment développés pour supporter les conditions extérieures.

Comme pour toute plante produite à l’intérieur, une acclimatation progressive est importante avant la plantation définitive. On expose graduellement les plants au soleil, au vent et aux variations de température afin d’éviter un choc brutal.

Après la transplantation, l’arrosage doit être surveillé pendant l’établissement. Même si un Penstemon digitalis adulte peut supporter une certaine sécheresse, un jeune plant possède encore un système racinaire limité.

Dans notre prairie, les plants déplacés au début de l’été n’ont pas immédiatement atteint la taille de ceux déjà installés ailleurs. C’est normal et il ne faut surtout pas conclure trop rapidement qu’ils ne se plaisent pas à leur nouvel emplacement.

Je m’attends justement à les voir s’épanouir beaucoup plus pleinement l’année prochaine.
 
 

Laisser une prairie évoluer plutôt que vouloir tout contrôler

Cultiver des plantes dans une prairie demande une façon de penser légèrement différente de celle d’une plate-bande traditionnelle.

Dans une plate-bande, on décide souvent précisément où chaque plante doit rester. Dans une prairie, on accepte davantage que les végétaux interagissent, se déplacent, se ressèment et entrent en compétition.

Le Penstemon digitalis se prête très bien à cette approche.

S’il produit quelques semis autour de lui, ceux qui se trouvent dans des conditions favorables pourront éventuellement s’établir. D’autres disparaîtront naturellement sous la compétition des plantes voisines.

Cette évolution fait partie du charme d’une prairie.

L’objectif n’est pas nécessairement d’obtenir exactement la même composition végétale année après année, mais plutôt de développer une communauté de plantes diversifiée, résiliente et capable de soutenir une grande variété d’organismes.
 
 

Une plante intéressante pour un jardin écologique

Lorsqu’on souhaite rendre un terrain plus accueillant pour la biodiversité, il est facile de croire qu’il faut transformer complètement son aménagement.

Ce n’est pas nécessaire.

Ajouter quelques plantes bien choisies peut déjà changer énormément de choses.

Un Penstemon digitalis installé dans une plate-bande apporte une floraison intéressante. Plusieurs plants commencent à former une véritable ressource alimentaire. Si on ajoute ensuite d’autres espèces dont les floraisons précèdent et suivent celle du penstémon, on crée progressivement un réseau beaucoup plus intéressant pour les pollinisateurs.

C’est cette accumulation de petits gestes qui finit par transformer un terrain.

Il faut aussi accepter la présence des insectes. Lorsqu’on plante pour les pollinisateurs, l’objectif est justement que les fleurs soient visitées. Une feuille grignotée ou une tige fréquentée par des insectes n’est pas nécessairement le signe d’un jardin qui va mal. Dans un jardin vivant, les plantes font partie d’un ensemble beaucoup plus vaste.
 
 

Associer plusieurs penstémons au jardin

Je suis vraiment tombée en amour avec les penstémons.

Le Penstemon digitalis n’est donc pas seul chez nous. Je cultive notamment Penstemon hirsutus et je m’intéresse aussi à plusieurs autres espèces et cultivars.

Ce qui me plaît énormément dans ce genre, c’est cette forme florale si particulière. Les petites cloches et les tubes donnent quelque chose de très délicat aux plantations.

En utilisant plusieurs espèces, on peut également obtenir différentes hauteurs, couleurs et périodes de floraison.

Mais pour moi, l’intérêt va beaucoup plus loin que l’esthétique. L’expérience avec Penstemon hirsutus et Penstemon digitalis m’a justement montré comment deux floraisons successives peuvent permettre aux pollinisateurs de passer d’une ressource à l’autre.

Quand une floraison commence à s’éteindre et que la suivante prend le relais, le jardin continue d’offrir de la nourriture.

C’est exactement ce que je souhaite développer dans notre prairie.
 
 

Faut-il planter le Penstemon digitalis au Québec?

Pour quelqu’un qui cherche une vivace nord-américaine résistante, élégante et particulièrement intéressante pour les pollinisateurs, le Penstemon digitalis mérite vraiment d’être considéré.

Il possède plusieurs qualités recherchées : une belle hauteur sans devenir excessivement large, des tiges robustes, une floraison délicate, une capacité à s’adapter à différents types de sols et une bonne tolérance à la sécheresse une fois établi.

Il peut trouver sa place aussi bien dans une plate-bande que dans un jardin naturaliste ou une prairie fleurie.

Il faut simplement garder en tête qu’il s’agit d’une espèce nord-américaine qui n’est pas indigène du Québec. Si votre objectif est de créer un aménagement composé exclusivement d’espèces indigènes québécoises, il faudra donc choisir d’autres plantes. Si votre démarche accepte certaines espèces nord-américaines adaptées à notre climat, le Penstemon digitalis devient alors une possibilité particulièrement intéressante.
 
 
Elle pousse dans différents types de sols et tolérer des périodes sèches une fois établie
Elle pousse dans différents types de sols et peut tolérer des périodes sèches une fois établie
 

Prendre le temps d’observer ce qui se passe au jardin

C’est probablement l’une des choses que j’aime le plus dans cette aventure : planter quelque chose dont on a lu les caractéristiques, puis vérifier par soi-même ce qui se produit réellement.

On peut lire qu’une plante attire les pollinisateurs.

On peut lire qu’elle supporte différents sols.

On peut lire qu’elle résiste au vent.

Mais lorsqu’on voit les pollinisateurs arriver quelques jours après le début de la floraison, lorsqu’on observe une grande tige demeurer droite malgré les rafales ou lorsqu’un jeune plant traverse une période où le sol est temporairement saturé d’eau, l’information prend soudainement une tout autre valeur.

Le jardin devient un lieu d’observation.

C’est également pour cette raison que j’aime produire certaines plantes à partir de semences. On suit leur évolution depuis le tout début et on apprend énormément en les regardant réagir aux conditions réelles du terrain.
 
 

CONCLUSION

Le Penstemon digitalis, ou grande bergeronnette, est une superbe vivace nord-américaine encore trop peu connue dans nos jardins. Avec ses longues tiges robustes pouvant atteindre une belle hauteur, ses fleurs tubulaires blanches délicatement teintées de rose ou de mauve et son port élégant, il apporte énormément de douceur dans une plate-bande ou une prairie fleurie.

Mais sa beauté n’est qu’une partie de son intérêt.

Ce qui m’impressionne surtout, c’est toute la vie qu’il attire lorsqu’il entre en floraison. Abeilles indigènes, abeilles domestiques et autres pollinisateurs viennent profiter de cette nouvelle source de nourriture. Lorsqu’il est associé à d’autres plantes dont les floraisons se succèdent, il contribue à créer un véritable garde-manger pour les pollinisateurs pendant une plus longue période.

Mon expérience m’a aussi permis de constater sa belle capacité d’adaptation. Je le cultive aussi bien dans un sol sablonneux qui se draine rapidement que dans notre prairie au sol beaucoup plus argileux. Une fois bien établi, il peut également supporter des périodes plus sèches.

Et puis il y a toute la satisfaction de l’avoir démarré à partir d’une simple graine, de l’avoir regardé grandir et de le voir aujourd’hui remplir son rôle dans le jardin.

Pour moi, c’est exactement ce qui rend l’aménagement d’une prairie et d’un jardin vivant aussi passionnant. On ne plante plus seulement pour obtenir de belles fleurs. On plante pour créer des habitats, nourrir les pollinisateurs et observer toute cette petite communauté prendre progressivement sa place.

Si vous cherchez une nouvelle vivace à découvrir et que votre aménagement accepte des espèces nord-américaines qui ne sont pas strictement indigènes du Québec, gardez donc une petite place pour le Penstemon digitalis. Vous pourriez bien, vous aussi, tomber en amour avec les penstémons.
 
 
 
Commentaire de Sylvie Beaulieu :
« Abonnez-vous à la chaîne Youtube de Jardinage Bricolage Autosuffisance Québec pour voir toutes mes vidéos! »
 
 
 
 
Collaborateur de Jardinage Québec :
 
Sylvie Beaulieu est passionnée de plantes indigènes, de biodiversité, d’herboristerie et de plantes médicinales. Avec son conjoint, elle a créé Prairie Boussole, une prairie de près de 10 000 pi² regroupant près d’une centaine d’espèces indigènes. Elle partage ses connaissances sur la flore indigène, son importance écologique et sa préservation à titre de collaboratrice certifiée de Jardinage Bricolage Autosuffisance Recyclage Québec.
 
 
 
Voir d'autres vidéos sur le même sujet :
 
 
 
Cliquez ici ----> Catégorie :  Végétaux lichens et champignons
 
 
 
Consulter la liste des capsules vidéo-article de La Sylphe des Prairies - Sylvie Beaulieu
 
 
 
Consulter la liste de toutes les vidéos
 
 
 
Rechercher votre vidéo ici :
 
 
 
 
Voir la Page Facebook de
Jardinage Autosuffisance Québec
Joindre le Groupe Facebook de
Jardinage Autosuffisance Québec
 
   
 
Groupe Jardinage Québec
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Bienvenue sur Jardinage Québec;  la référence québécoise du jardinage, de l'autosuffisance, du recyclage et du bricolage au jardin.

Cette section du site, vous présente des vidéos de projets au jardin ou à la maison réalisés par nos collaborateurs.

De plus, on y retrouve de nombreux trucs et astuces en matière de bricolage, de recyclage et d'autosuffisance. La faune et la flore y sont également à l'honneur. Profitez et apprenez!
 
 
Sylvie Beaulieu - La Sylphe des prairies 
Sylvie Beaulieu
La Sylphe des Prairies
Donner envie de préserver notre nature
Zone 4a, Bellechasse, Québec
 
Collaboratrice Certifiée
www.jardinage-quebec.com 
 
 
Liste de mes capsules vidéo-article
 
 
 
 
 
 
Vidéo à découvrir
Pourquoi l'érable de Norvège menace les forêts du Québec
  Xxx
   
  Sylvie Beaulieu - La Sylphe des Prairies et collaboratrice de Jardinage Bricolage Autosuffisance Recyclage Québec, nous explique xxx.
   
  Voir la vidéo Jardinage Québec
 
 
 
 
Vidéo à découvrir
Orme d'Amérique : comment identifier le géant disparu des forêts du Québec
  Xxx
   
  Sylvie Beaulieu - La Sylphe des Prairies et collaboratrice de Jardinage Bricolage Autosuffisance Recyclage Québec, nous fait xxx.
   
  Voir la vidéo Jardinage Québec
 
 
 
 
Chaîne Youtube de Jardinage Québec
Liste des Vidéos de Jardinage Québec
 
 
Jardinage Québec
Liste des Guides de Jardinage Bricolage Autosuffisance
 
 
 
 
Recettes de Pépére
Liste des Recettes de Jardinage Autosuffisance Québec
 
 
Blog de jardinage
Liste des Reportages des collaborateurs de Jardinage Bricolage Autosuffisance Recyclage Québec
 
 
Joindre le Groupe Facebook de
Jardinage Autosuffisance Québec
Groupe Jardinage Québec
 
 
 
 
 
 
 
Voir la Page Facebook de
Jardinage Québec
 
 
 
 
 
 
 
 
PENSTEMON DIGITALIS : UNE SUPERBE PLANTE DE PRAIRIE POUR LES POLLINISATEURS
 
 
 
 
 
Vidéos de Jardinage Bricolage Autosuffisance Recyclage Québec
 
Jardinage-Quebec.com
© Tous droits réservés
Collaborations:
Le Jardin des Patriotes Jardinage France Blogue Jardinage Bricolage DIY-Jardin Forum Jardinage Francophone
USA Gardening UK Gardening Forum Gardening Les Trucs Maison Canada Gardening
  Jardinage Québec DIY-Garden Patriotes Private Garden  
    Trucs de Jardinage au Québec