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IDENTIFICATION
DES ARBRES
Les
sorbiers du Québec |
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Résumé de la vidéo et
contenu inédit
: |
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Gabriel Grenier (Le Prof Forestier), collaborateur
certifié de Jardinage Bricolage Autosuffisance Recyclage
Québec, travaille dans le domaine forestier depuis
presque 20 ans, entre autres comme enseignant en
foresterie. Auteur, conférencier et animateur de
randonnées éducatives en forêt, il partage sa passion
des arbres, de l'écologie et de la biodiversité. Il nous
fait explorer la richesse et la complexité des forêts du
Québec, des plantes et des écosystèmes forestiers, ainsi
que les enjeux liés à leur conservation. |
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Dans cette vidéo, Gabriel Grenier - Le Prof Forestier
nous apprend à identifier les sorbiers du Québec, aussi
appelés cormiers ou mascouabinas. Le Prof Forestier
présente les principaux indices permettant de
reconnaître ces arbres : fruits rouge orangé, feuilles
composées, gros bourgeons, rameaux et écorce. Il
explique également comment éviter certaines confusions
avec le peuplier baumier et le cerisier de Pennsylvanie.
Une présentation pratique pour mieux reconnaître le
sorbier en forêt au fil des saisons. |
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Contenu de l'article de
la vidéo : |
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SORBIERS DU QUÉBEC (SORBUS SPP.) : COMMENT
LES IDENTIFIER EN FORÊT?
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Reconnaître le sorbier par ses fruits, ses
feuilles, ses bourgeons et son écorce
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Le sorbier, un arbre facile à remarquer à la fin de
l’été et à l’automne
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Les sorbiers, aussi appelés cormiers dans plusieurs
régions du Québec, sont particulièrement faciles à
remarquer à la fin de l’été et au début de l’automne.
C’est souvent à ce moment de l’année que leurs grappes
de fruits rouges ou orangés ressortent littéralement
dans le paysage. Quand on se promène en forêt, sur le
bord d’un chemin ou dans une clairière, ces grappes
colorées peuvent attirer l’œil de très loin.
Pour commencer à apprendre à reconnaître les sorbiers,
je trouve intéressant de les traiter comme un groupe. Il
existe plusieurs espèces et il y a évidemment des
différences entre elles, mais lorsqu’on débute en
identification forestière, le plus important est d’abord
de développer une image mentale du « sorbier ». Une fois
qu’on est capable de reconnaître le genre Sorbus sur le
terrain, on peut commencer à regarder plus attentivement
les détails qui permettent d’aller jusqu’à l’espèce.
Au Québec, on rencontre notamment deux sorbiers
indigènes, le sorbier d’Amérique (Sorbus americana) et
le sorbier des montagnes ou sorbier plaisant (Sorbus
decora). On trouve aussi le sorbier des oiseaux ou
sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia), une espèce
d’origine européenne largement utilisée comme arbre
ornemental et aujourd’hui naturalisée en Amérique du
Nord.
C’est probablement ce qui explique pourquoi on peut
observer des sorbiers qui ne se ressemblent pas
parfaitement. Certains ont des fruits plus gros,
certains présentent des bourgeons plus velus ou plus
cireux et la couleur des différentes parties peut varier
légèrement. Malgré ces variations, plusieurs caractères
reviennent constamment et permettent de développer de
très bons réflexes d’identification. |
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| Un
Sorbier tout en fruits |
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Sorbier, cormier, mascouabina : plusieurs noms pour
le même arbre
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Le vocabulaire entourant le sorbier est particulièrement
intéressant au Québec. Selon les régions et les
familles, on peut entendre sorbier, cormier,
mascouabina, maskouabina, mascou ou encore masco.
Le mot mascouabina est d’origine innue et fait partie du
vocabulaire traditionnel québécois. Les appellations
mascouabina et maskouabina sont notamment associées au
sorbier d’Amérique. Le terme « cormier » est également
couramment utilisé au Québec pour désigner cet arbre.
Il faut toutefois faire attention lorsqu’on consulte des
ouvrages européens. En Europe, le mot cormier désigne
plus précisément le sorbier domestique, Sorbus
domestica, une espèce différente. Au Québec, l’usage
populaire du mot cormier s’est plutôt attaché au sorbier
d’Amérique. C’est un bel exemple de vocabulaire
forestier qui évolue avec le territoire et les
communautés.
J’aime beaucoup ces noms régionaux parce qu’ils
racontent eux aussi quelque chose du territoire. Si vous
voyagez au Saguenay–Lac-Saint-Jean, sur la Côte-Nord, en
Estrie ou ailleurs au Québec, vous allez parfois
découvrir des noms différents pour le même arbre. Ce
vocabulaire populaire fait partie de notre relation avec
la forêt. |
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Identifier le sorbier grâce à ses fruits rouges ou
orangés
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Lorsque les fruits sont présents, on tient probablement
le caractère le plus évident pour reconnaître un
sorbier.
Les fruits apparaissent en grappes assez denses et
passent généralement par différentes nuances de jaune
orangé, d’orange, de rouge orangé jusqu’au rouge selon
l’espèce, la maturité et les conditions. Sur un fond de
feuillage vert, puis dans les couleurs automnales, ils
peuvent devenir extrêmement visibles.
C’est vraiment l’un des meilleurs moments pour apprendre
l’arbre. Si vous vous entraînez à reconnaître le sorbier
lorsqu’il porte ses fruits, vous pourrez ensuite revenir
observer le même arbre en hiver et regarder ses
bourgeons, ses rameaux et son écorce. Au printemps, vous
pourrez examiner ses nouvelles feuilles et ses fleurs.
C’est de cette façon qu’on finit par connaître un arbre
pour vrai : pas seulement à partir d’une photo, mais
pendant toute l’année.
Les sorbiers produisent de petites fleurs blanches
regroupées en inflorescences, puis des grappes de fruits
rouges ou orangés qui deviennent particulièrement
apparentes vers la fin de l’été et l’automne. Plusieurs
de ces fruits peuvent demeurer sur les arbres jusque
tard dans la saison.
D’un point de vue botanique, il est aussi intéressant de
se rappeler que le sorbier appartient à la famille des
Rosacées. Il est donc apparenté à une quantité
impressionnante de plantes connues, dont les pommiers,
les poiriers, les cerisiers et les rosiers.
Quand vous regardez attentivement un fruit de sorbier,
cette parenté devient moins étonnante. Ce ne sont pas
simplement des « baies » au sens populaire du terme :
leur structure rappelle de minuscules pommes regroupées
en grappes. |
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Reconnaître les feuilles composées du sorbier
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Un deuxième caractère extrêmement utile est la feuille.
La feuille du sorbier est composée. Cela signifie que ce
qu’on pourrait prendre au premier regard pour plusieurs
petites feuilles est en réalité une seule grande feuille
formée de plusieurs folioles attachées à un axe central.
Chez les sorbiers, ces folioles sont disposées de chaque
côté de cet axe et une foliole termine généralement la
feuille. On parle alors d’une feuille imparipennée.
Selon les espèces et les individus, une feuille compte
généralement plusieurs folioles dentées.
C’est une distinction importante sur le terrain. Les
folioles peuvent donner l’impression d’être opposées
entre elles le long de la feuille, mais la feuille
complète, elle, est disposée de façon alterne sur le
rameau. Il faut donc toujours commencer par identifier
où se trouve réellement le bourgeon : le bourgeon se
trouve à la base d’une vraie feuille, jamais à la base
de chacune des folioles.
C’est un truc très utile lorsqu’on commence à étudier
les arbres à feuilles composées. Au lieu de simplement
regarder ce qui ressemble à une feuille, on recherche le
bourgeon. Le bourgeon nous indique où commence et où se
termine la véritable feuille. |
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Les gros bourgeons : un excellent indice en hiver
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Une fois les feuilles tombées, le sorbier demeure très
intéressant à identifier.
Regardez les rameaux. On y trouve des bourgeons alternes
assez gros et généralement foncés. Le bourgeon terminal,
situé au bout du rameau, est souvent particulièrement
évident.
Pour aider mes étudiants à retenir ce caractère,
j’utilise une image volontairement exagérée : les
bourgeons du sorbier me font penser à de gros doigts de
sorcière.
Ce n’est évidemment pas un terme botanique, mais une
bonne image mentale est parfois beaucoup plus efficace
qu’une longue définition lorsqu’on est dehors, qu’il
fait froid et qu’on essaie d’identifier vingt espèces
différentes.
Sorbier, sorbet, doigts de sorcière… peu importe
l’association qu’on se crée. L’important est de
développer un moyen de se rappeler ce qu’on vient
d’observer.
Selon l’espèce et le stade de développement, certains
bourgeons peuvent paraître plus lisses, plus cireux ou
plus velus. Voilà pourquoi il est préférable de ne
jamais identifier un arbre avec un seul caractère.
Un bon forestier cherche toujours plusieurs indices qui
racontent la même histoire : disposition des bourgeons,
grosseur des rameaux, écorce, lenticelles, habitat et,
lorsqu’ils sont présents, feuilles, fleurs et fruits. |
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Feuilles composées du Sorbier |
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Ne pas confondre le sorbier avec le peuplier baumier
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Les gros bourgeons peuvent parfois faire penser au
peuplier baumier, particulièrement lorsqu’on travaille
en identification hivernale.
Il existe cependant une différence très pratique.
Les bourgeons du peuplier baumier sont fortement
résineux et collants. Quand on les touche ou qu’on les
écrase légèrement, ils dégagent aussi une odeur
résineuse caractéristique. Cette combinaison de résine,
d’odeur et de texture devient rapidement familière après
quelques observations.
Chez le sorbier, le gros bourgeon terminal peut être
impressionnant, mais on ne retrouve pas cette même
sensation de bourgeon abondamment enduit de résine
collante.
C’est exactement le genre de comparaison qu’il faut
faire pour progresser. Apprendre un arbre isolément est
utile. Apprendre deux arbres susceptibles d’être
confondus l’est encore davantage. |
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Observer l’écorce et surtout les lenticelles
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L’écorce constitue un autre indice intéressant.
Sur les jeunes troncs et les branches, elle peut être
grisâtre, beige ou brun grisâtre et relativement lisse.
Avec l’âge, l’apparence change progressivement.
Ce qui attire particulièrement mon attention, ce sont
les lenticelles.
Les lenticelles sont de petites structures visibles sur
l’écorce et les rameaux qui permettent les échanges
gazeux entre les tissus vivants de la plante et l’air
extérieur. Chez le sorbier, elles peuvent être
suffisamment apparentes pour devenir un bon caractère
d’identification.
Pour les mémoriser, j’utilise encore une image simple :
elles me font penser à de gros grains de sucre qu’on
pourrait mettre sur un sorbet.
Le sorbet pour le sorbier, les grains de sucre pour les
lenticelles. Ce n’est pas très académique, mais sur le
terrain, ça fonctionne.
Il faut toutefois regarder plus que la présence de
lenticelles, parce que plusieurs essences en possèdent.
Leur forme, leur disposition, la couleur de l’écorce et
la réaction de l’écorce lorsqu’on la gratte légèrement
permettent de pousser l’identification plus loin. |
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Sorbier ou cerisier de Pennsylvanie?
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Le cerisier de Pennsylvanie est justement une essence
avec laquelle il est intéressant de comparer le sorbier.
Chez le cerisier de Pennsylvanie, les lenticelles
horizontales peuvent être très visibles et donner un
aspect caractéristique à l’écorce. Quand on gratte
délicatement la surface d’un jeune rameau, une
coloration orangée ou brun orangé peut également
apparaître.
Chez le sorbier, l’aspect n’est pas le même. Les
lenticelles peuvent être bien marquées, mais l’écorce ne
réagit pas exactement comme celle du cerisier de
Pennsylvanie.
Encore une fois, l’objectif n’est pas de gratter tous
les arbres que vous rencontrez. Quelques observations
sur des spécimens déjà bien identifiés suffisent pour
construire votre mémoire visuelle et tactile.
L’identification forestière devient beaucoup plus facile
lorsqu’on compare directement des espèces semblables
plutôt que d’essayer de mémoriser une série de
descriptions abstraites. |
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Écorce du Sorbier |
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Où pousse le sorbier au Québec?
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Le sorbier aime généralement les endroits où il reçoit
suffisamment de lumière. On peut le retrouver dans des
ouvertures forestières, à proximité des chemins, dans
des secteurs perturbés, sur des pentes, des lisières et
dans différents milieux forestiers.
C’est aussi un arbre capable de monter relativement loin
vers le nord. Le sorbier des montagnes, Sorbus decora,
possède d’ailleurs une répartition plus nordique que le
sorbier d’Amérique.
Cette capacité à occuper différents environnements
explique pourquoi les dimensions des arbres peuvent
varier énormément.
On rencontre souvent le sorbier sous la forme d’un petit
arbre ou d’un grand arbuste. Le sorbier d’Amérique peut
atteindre environ une dizaine de mètres dans de bonnes
conditions.
Cela dit, les chiffres contenus dans les guides ne
remplacent jamais complètement les observations de
terrain. Je me souviens notamment avoir observé dans le
secteur de Chartierville, près de la frontière
américaine, des sorbiers beaucoup plus imposants que
ceux qu’on rencontre habituellement. À première vue,
certains pouvaient presque donner l’impression d’un gros
bouleau jaune lorsqu’on ne regardait que leur stature.
C’est aussi ça, travailler avec les arbres : une espèce
possède une forme typique, mais les meilleurs sites
peuvent parfois produire des individus qui surprennent. |
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Trois sorbiers à connaître au Québec
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Lorsqu’on veut aller un peu plus loin que simplement «
Sorbus spp. », trois espèces sont particulièrement
intéressantes à connaître.
Le sorbier d’Amérique, Sorbus americana, est indigène de
l’est de l’Amérique du Nord. Ses fruits rouge orangé
sont regroupés en grappes et ses folioles sont
relativement allongées. C’est également cette espèce à
laquelle sont traditionnellement associés au Québec des
noms comme mascouabina, maskouabina et cormier.
Le sorbier des montagnes, Sorbus decora, est lui aussi
indigène. Il ressemble énormément au sorbier d’Amérique.
Ses fruits sont généralement un peu plus gros et peuvent
prendre des teintes écarlates ou vermillon. Son aire de
répartition se prolonge également davantage vers le
nord.
Enfin, le sorbier des oiseaux, Sorbus aucuparia, est
originaire d’Europe. Il a été largement planté comme
arbre d’ornement et s’est naturalisé en Amérique du
Nord. Ses folioles sont généralement plus petites et
peuvent présenter davantage de pubescence.
Sur le terrain, cependant, il faut rester humble. Les
sorbiers peuvent présenter de la variabilité et une
identification précise demande parfois de regarder
plusieurs caractères en même temps. Pour une première
reconnaissance en forêt, être capable d’arriver
correctement à « sorbier » constitue déjà une excellente
étape. |
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Une méthode simple pour identifier un sorbier sur le
terrain
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Quand j’arrive devant un arbre que je soupçonne être un
sorbier, je ne commence pas avec une clé botanique de
cinquante caractères. Je cherche d’abord les indices les
plus évidents.
À la fin de l’été ou à l’automne, je regarde les grappes
de fruits rouges ou orangés. Ensuite, j’examine les
feuilles composées et leurs folioles dentées. Je regarde
la disposition alterne des vraies feuilles sur le
rameau.
En hiver, je porte plutôt attention aux gros bourgeons,
particulièrement au bourgeon terminal, puis à l’écorce
et aux lenticelles. Je compare ensuite mentalement avec
les essences qui pourraient me tromper, par exemple le
peuplier baumier ou certains cerisiers.
Une identification fiable repose donc sur une
combinaison : fruits, feuilles, bourgeons, rameaux,
écorce, habitat et silhouette générale.
Plus vous accumulez ces indices, moins vous dépendez
d’un caractère unique. |
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Bourgeon en forme de sorbet du Sorbier |
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Un bois non commercial, mais loin d’être sans
intérêt
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En foresterie québécoise, le sorbier est généralement
considéré comme une essence non commerciale. Cela
signifie essentiellement qu’il n’existe pas de filière
industrielle importante comparable à celles du sapin
baumier, de l’épinette, de l’érable à sucre ou du
bouleau jaune.
« Non commercial » ne veut toutefois absolument pas dire
« sans valeur ».
Lorsqu’on scie du sorbier, on découvre un bois qui peut
être vraiment très beau. C’est un bois relativement dur,
avec des veinures qui peuvent être particulièrement
intéressantes. Certains morceaux donnent presque une
impression de dessin tigré.
Pour quelqu’un qui travaille le bois à petite échelle,
qui fait du tournage, des objets artisanaux ou
simplement des expérimentations avec différentes
essences locales, c’est le genre de bois qui mérite
d’être observé.
Je garde toutefois un souvenir assez clair d’une
expérience de séchage de sorbier dans la cave chez nous
: l’odeur pendant le séchage était particulièrement
forte. Disons simplement que ce n’est pas l’essence que
je choisirais spontanément pour parfumer une maison!
C’est encore un exemple de ce qu’on apprend
difficilement dans un tableau. La densité et la dureté
d’un bois sont des données. Son comportement à la coupe,
son odeur lorsqu’il sèche, sa couleur et ses veinures
font partie d’une connaissance beaucoup plus concrète. |
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Un arbre important pour la faune
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Les fruits du sorbier ne sont pas seulement
spectaculaires à regarder. Ils constituent aussi une
ressource alimentaire pour différentes espèces animales.
Plusieurs oiseaux se nourrissent des fruits, tandis que
différents mammifères peuvent aussi utiliser certaines
parties de l’arbre. Lorsque les fruits demeurent dans
l’arbre jusque tard en automne, ils peuvent constituer
une ressource alimentaire intéressante au moment où
d’autres sources deviennent moins abondantes.
Cette dimension écologique mérite d’être observée
directement. Quand un sorbier chargé de fruits demeure
debout à l’automne, revenez le voir régulièrement. Vous
pourrez parfois constater que les grappes diminuent
progressivement ou observer directement les animaux qui
viennent s’y nourrir.
Un arbre ne se résume jamais à son identification. Il
fait partie d’un réseau beaucoup plus vaste. |
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Observer le sorbier au fil des quatre saisons
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Le Québec est extraordinaire pour apprendre les arbres
parce que notre forêt change continuellement.
Au printemps apparaissent les bourgeons, les nouvelles
feuilles et les fleurs. Pendant l’été, le feuillage
devient pleinement développé et les fruits commencent à
se former. À la fin de l’été et en automne, les grappes
de sorbes deviennent rouges ou orangées. Puis les
feuilles changent de couleur et tombent.
L’hiver arrive ensuite et enlève une bonne partie des
caractères qui rendaient l’identification évidente.
C’est là que les bourgeons, les rameaux, les cicatrices
foliaires, l’écorce et la silhouette prennent toute leur
importance.
Pour moi, remarquer ces changements, c’est beaucoup plus
que mémoriser des arbres.
C’est entrer progressivement dans une notion saisonnière
du territoire.
Quand on revient régulièrement dans la même forêt, on
commence à remarquer que certains arbres colorent avant
les autres. Certains produisent leurs fruits plus tôt.
Certains conservent leurs feuilles plus longtemps.
À l’automne, la forêt devient véritablement un feu
d’artifice de nuances. Il y a du jaune, du rouge, de
l’orange, du brun et toutes les transitions possibles
entre ces couleurs.
Plus on observe ces changements, plus on finit par
savoir où on se situe dans l’année simplement en
regardant ce qui se passe autour de nous. |
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Grappes de fruits rouges ou orangés |
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Apprendre à reconnaître les arbres plutôt qu’à
mémoriser des noms
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C’est probablement l’un des messages que je trouve les
plus importants lorsque je parle d’identification
forestière.
Le but n’est pas de mémoriser le plus grand nombre
possible de noms latins en une soirée.
L’objectif est de développer une relation avec les
espèces.
Aujourd’hui, vous remarquez les fruits du sorbier. La
prochaine fois, vous regardez ses feuilles. Cet hiver,
vous vous rappelez ses gros bourgeons. Puis un jour,
vous apercevez un rameau sans feuilles au bord d’un
chemin et quelque chose dans votre tête vous dit
immédiatement : « Ça ressemble à un sorbier. »
C’est à ce moment-là que l’identification commence
réellement à devenir intuitive.
Les outils d’identification demeurent évidemment très
utiles. Des herbiers, des guides forestiers et des clés
d’identification permettent de confirmer une observation
lorsqu’un caractère nous fait hésiter.
Mais idéalement, l’outil confirme ce que l’observation
du terrain nous a déjà laissé soupçonner. |
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Quelques erreurs à éviter lorsqu’on identifie un
sorbier
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La première erreur consiste à se fier uniquement aux
fruits. Les grappes rouge orangé sont extrêmement
utiles, mais elles ne sont pas présentes toute l’année.
La deuxième consiste à regarder seulement la couleur de
l’écorce. Cette couleur varie avec l’âge de l’arbre,
l’humidité, l’éclairage et les conditions de croissance.
La troisième serait de conclure qu’un gros bourgeon
signifie automatiquement « sorbier ». Le peuplier
baumier, par exemple, possède lui aussi des bourgeons
très remarquables.
Il faut donc constamment croiser les caractères.
Fruit plus feuille plus bourgeon plus écorce vaut
beaucoup mieux qu’un seul indice pris isolément.
Enfin, il faut accepter qu’il soit parfois possible
d’identifier correctement un arbre jusqu’au genre sans
nécessairement déterminer immédiatement l’espèce exacte.
Dire « Sorbus spp. » lorsqu’on sait qu’il s’agit d’un
sorbier, mais qu’on n’a pas suffisamment de caractères
pour aller plus loin, est beaucoup plus rigoureux que de
choisir une espèce au hasard. |
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Le sorbier comme porte d’entrée vers la lecture du
territoire
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Une fois qu’on commence à reconnaître des arbres comme
le sorbier, quelque chose change dans notre manière de
marcher en forêt.
Le paysage n’est plus seulement constitué d’une masse
d’arbres verts.
On commence à distinguer les espèces.
On remarque qu’un arbre pousse davantage dans les
ouvertures. On voit qu’un autre affectionne les milieux
humides. On reconnaît une essence à ses fruits avant
même de voir son tronc. On constate que telle espèce
commence déjà à changer de couleur alors qu’une autre
demeure complètement verte.
On commence, tranquillement, à lire le territoire.
C’est une connaissance qui se construit lentement,
saison après saison.
Et c’est probablement pour cette raison que j’aime
autant montrer les arbres directement dehors. On peut
donner beaucoup d’information dans un livre ou dans une
vidéo, mais il faut éventuellement aller voir les arbres
pour vrai.
Touchez le rameau. Regardez le bourgeon. Comparez les
lenticelles. Revenez voir les fruits un mois plus tard.
C’est ainsi que les caractères finissent par rester en
mémoire. |
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CONCLUSION
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Les sorbiers du Québec sont d’excellents arbres pour
développer ses compétences en identification forestière.
Leurs grappes de fruits rouges ou orangés les rendent
particulièrement faciles à repérer à la fin de l’été et
à l’automne, mais ils offrent également de nombreux
caractères permettant de les reconnaître pendant le
reste de l’année.
Les feuilles composées, les folioles dentées, les gros
bourgeons alternes, le bourgeon terminal bien développé,
les lenticelles visibles et l’aspect du rameau
constituent autant d’indices à combiner. En hiver, la
comparaison avec le peuplier baumier permet notamment de
remarquer que ce dernier possède des bourgeons beaucoup
plus résineux et collants. L’observation de l’écorce
permet aussi d’éviter certaines confusions avec le
cerisier de Pennsylvanie.
Au Québec, le sorbier d’Amérique et le sorbier des
montagnes sont indigènes, tandis que le sorbier des
oiseaux, originaire d’Europe, a largement été planté et
s’est naturalisé. Les appellations cormier, mascouabina
ou maskouabina rappellent également à quel point
l’histoire des arbres est liée à celle du territoire et
aux mots utilisés par les gens qui l’habitent.
Mais au-delà de l’identification, le sorbier nous
rappelle surtout l’importance de regarder les
changements qui se produisent autour de nous. Les fleurs
du printemps, les fruits de la fin de l’été, les
couleurs de l’automne et les bourgeons de l’hiver nous
permettent de suivre le rythme des saisons.
Pour entrer véritablement en relation avec la forêt, il
faut apprendre à voir ces transformations.
La prochaine fois que vous apercevrez une grosse grappe
de fruits rouge orangé au bord d’un chemin forestier,
approchez-vous. Regardez la feuille. Cherchez le
bourgeon. Observez les lenticelles.
Vous êtes peut-être devant un sorbier… ou, comme on dit
encore dans plusieurs coins du Québec, un bon vieux
cormier. |
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Commentaire de Gabriel
Grenier : |
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Collaborateur de
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Gabriel Grenier est
enseignant en foresterie et s'implique dans le milieu
forestier depuis plus de 20 ans. Auteur du livre «
Forêts anciennes, l’expérience du fond des bois », il
est aussi conférencier, animateur en randonnées
éducatives et collaborateur certifié de Jardinage Bricolage
Autosuffisance Recyclage Québec. |
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